L'emploi dans la transition écologique

Écologie et emploi : même combat

Illustration : Chester Holmes

Chiffrages, planifications, expérimentations et projets alternatifs se multiplient ces dernières années en matière de politiques de l’emploi, promettant non seulement de mettre l’activité économique sur les rails de la reconversion écologique, mais aussi d’offrir à tous un salaire digne et un travail utile. À l’approche de l’élection présidentielle, retour sur quelques propositions qui, malheureusement, n’ont été que peu débattues.

Particulièrement efficace, le chantage à l’emploi est souvent mobilisé dès qu’il s’agit d’opposer une fin de non-recevoir à toute politique écologique d’ampleur. Pensez donc : de nouvelles contraintes, c’est nécessairement des coûts qui flambent, une compétitivité en berne pour les entreprises nationales, des emplois détruits, délocalisés en des pays moins tatillons, qui seront ravis de nous grappiller des parts de marché. Business as usual.

Ceux qui martèlent sur les plateaux télé ce type de discours croient alors tenir la preuve irréfutable que l’écologie est une idéologie punitive: hormis une minorité de post-hippies véganes qui batifolent dans des potagers urbains, tout le monde y perdra. À commencer par les classes laborieuses, contraintes d’assister à la fermeture de leurs usines jugées « trop polluantes », de se reconvertir à marche forcée ou, pire, d’être condamnées à l’exode salarial et au chômage de masse.

À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, récuser ces caricatures passe par rappeler les nombreuses discussions à gauche quant aux manières de conjuguer viabilité économique et urgence...