Grand entretien

Kim Stanley Robinson : « la science-fiction est le réalisme de notre époque »

Illustration : Miguel Bucana — Creasenso

Rares sont les écrivains populaires qui abordent de front le système capitaliste, les grandes théories économiques et sociales, les utopies… et plus rares encore sont ceux qui s’intéressent à la catastrophe écologique et au futur proche qu’elle nous promet. L’Américain Kim Stanley Robinson, auteur prolifique et politique, célébré dans le monde entier pour sa trilogie sur Mars, est de ceux-là. Il a accordé un entretien à Socialter sur son dernier livre, The Ministry for the Future (Orbit, 2020), qui sera traduit en français l’année prochaine et s’est déjà taillé une renommée considérable. Écoterrorisme, géo-ingénierie, adaptation, radicalité… il revient sur les thèmes qui parcourent l’ouvrage et, plus largement, la littérature contemporaine.

The Ministry for the Future n’est ni une utopie ni une dystopie… L’ouvrage ressemble parfois même plutôt à un tract transformé en roman… Comment définissez-vous votre geste littéraire ?

The Ministry for the Future est un roman de science-fiction, j’insiste là-dessus. Le roman est une forme large, une marmite capable d’accueillir de nombreux autres genres pour donner une sorte de ragoût. Ce livre est aussi de la science-fiction, tout simplement parce qu’il se déroule dans le futur. Je dirais que la science-fiction est un genre qui se divise en trois branches : le futur lointain (souvent appelé space opera), le futur proche (de l’anticipation, peut-être) et enfin une troisième zone temporelle intermédiaire que j’appelle « histoire future » (future history), c’est-à-dire environ 100 à 300 ans dans le futur. Cette temporalité est beaucoup plus rare mais très intéressante, et c’est là que j’ai situé nombre de mes romans. Mais The Ministry appartient à la science-fiction du futur proche.

Il y a quelques romans célèbres de la littérature américaine qui révèlent très bien le caractère mixte de cette forme – Moby Dick d’Herman Melville (1851) ou bien USA de John Dos Passos (1938), le roman américain préféré de Sartre. Ce sont de grands romans, supérieurs à ce dont je suis capable, mais qui m’ont inspiré, tout particulièrement pour écrire 2312 (Actes Sud,...

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