Sérigraphie de rue

Dugudus, passeur d'affiches

© Dugudus

Graphiste et militant, Dugudus est l’importateur, en France, de la sérigraphie de rue, qui lui permet de diffuser pendant les manifestations ses truculentes affiches, incisives, drôles et toujours engagées. Un savoir-faire artistique qu’il estime en péril, et qu’il essaie de faire revivre.

Donald Trump a la mine sévère. Il a enfilé son uniforme bleu, sur lequel a été cousu, au niveau du cœur, un écusson du Ku-Klux-Klan. De sa main droite, il brandit une Bible. Sous son genou, sans qu’il y prête vraiment attention, un homme noir suffoque. Cette scène, forcément fictive, est née de l’imagination d’un graphiste parisien, Régis Léger, alias Dugudus, qui l’a mise en dessin et placardée sur les murs de Paris en juin 2020. Le télescopage est percutant, limpide. Il fait entrer en collision deux événements survenus quelques jours plus tôt : la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué à Minneapolis le 25  mai lors de son interpellation par plusieurs policiers blancs, et l’opération de communication du président américain qui, le 1er juin, s’est exhibé avec son bréviaire devant une église de Washington endommagée après une manifestation contre le racisme. Qu’on souscrive à  l’association Trump-religion-police-racisme ou qu’on la juge caricaturale, l’image accroche le regard et déborde rapidement la confidentialité déjà toute relative des rues parisiennes. Elle est prise en photo, relayée sur les réseaux sociaux, arrachée par des collectionneurs de street art, diffusée et commentée partout, jusque dans certains JT américains et australiens. « Aucune de mes réalisations n’avait jusqu’alors connu un tel écho, j’ai même reçu des lettres d’insultes », raconte Dugudus, pas peu fier de son coup. 

Crapule stalinienne

Illustrateur,...

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est réservé aux abonnés.

* Accès à tout le site pendant 7 jours
* Le numéro "l'avenir sera low-tech" en cadeau

S'inscrire

S'identifier