Perspectives

En 2050, 10 milliards d'urbains

Illlustrations : Emma Roulette

1/4 L’humanité devient de plus en plus citadine, avec des conséquences qui s’annoncent très ambivalentes. Car si la ville permet une optimisation des ressources et un accès à la culture, elle concentre aussi pollution, pauvreté, et engendre des modes de vie plus consommateurs.

Les historiens et démographes du futur accorderont peut-être une importance particulière à l’année 2007. Non parce qu’il s’agit de l’année de sortie du premier iPhone, mais de celle où l’humanité est devenue majoritairement urbaine. Continue depuis le XIXe siècle, l’urbanisation devrait se poursuivre à l’avenir, et la part d’urbains au niveau global ­pourrait atteindre 68 % en 2050 selon l’Orga­nisation des Nations unies (ONU). La quasi-totalité des pays du monde comptera alors plus d’urbains que de ruraux, et les villes accueilleront d’ici là quelque 3 milliards d’habitants supplémentaires. Quelles pourraient être les conséquences politiques de cet exode rural mondialisé ? Celles-ci peuvent être ambivalentes, tant la ville concentre des phénomènes opposés : la richesse comme la pauvreté, la pollution comme les exigences en matière d’écologie.

Ce que nous dit la recherche, c’est que l’urbanisation est associée à la richesse… dans une certaine mesure. Historiquement, plus un pays s’enrichit, plus il s’urbanise. Mais rien n’indique que l’urbanisation en elle-même soit nécessairement une source de prospérité, précisent des chercheurs de l’école de santé publique de ­Harvard, dans un article publié par la revue Science