Satanisme et écoresponsabilité, le nouvel album de Loïc Sécheresse

Un peu d’écologie, que diable !

Satanisme et écoresponsabilité, le nouvel album de Loïc Sécheresse, sera publié le 4 février 2022 aux Éditions Dupuis, suite à sa parution sur le site du média Les Jours. Dans cette bande-dessinée, le diable en personne semble être pris de remords pour la planète, et bien que rouge de nature, décide de se mettre au vert. Un ouvrage satirique et satyrique, qui expose nos incohérences environnementales et pourfend le « capitalisme vert ».

Ce n’est pas la première fois que Loic Sécheresse fait renaître la figure de Satan,  pour aborder sans moralisme la crise écologique. « On est tous le connard du voisin, le type pas écoresponsable de quelqu’un d’autre », sourit le dessinateur. Pour ”Satanisme et écoresponsabilité”, ses premiers croquis  illustrent l’impasse des trottinettes électriques – souvent présentées comme écologiques – qui envahissent l’espace public. Beau joueur, l’auteur se représente lui-même juché sur ce deux-roues, confronté à un Satan arrivant tout droit des Enfers pour lui intenter un « Procès contre la trottinette électrique ». Au fil des strips, le Malin apparaît comme un protagoniste paradoxal et ironique, qui fait rire par son impertinence. Parfois maladroit, toujours culotté, Satan cherche certes à dépolluer la planète, mais il reste imparfait et critiquable. Entre son compère démon Belzébuth qui se coltine toute le travail et la charge mentale, deux Black Blocs et des mouettes pragmatiques amatrices de chips, il est pourtant bien accompagné. À sa décharge, il est vrai qu’il n’est pas aisé de garder un bilan carbone correct lorsque « l’on fait cuire des damnés pour l’éternité dans une marmite géante »… 

Un engagement d’Enfer

« Le trait de Loïc Sécheresse est influencé par la nervosité du dessin de presse », observe Éloi Morterol, l’éditeur de Satanisme et écoresponsabilité. Le dessinateur, qui aborde dans son album les violences policières, la surconsommation et l’activisme écologique, les Black blocs et les Gilets jaunes, confirme être « influencé par une vision et une dimension journalistique ». Dans son album, il donne une voix à de nombreux militants, « qu’il accompagne dans leurs (dé)marches, qu’il écoute, et qu’il dessine en même temps ». 

La planète va Mal

À l’image de l’expression « le diable est dans les détails », les trottinettes électriques et les terrasses chauffées ne sont qu’un indice – minime –  de la catastrophe climatique que nous vivons. Éloi Morterol comme Loïc Sécheresse défendent l’urgence d’agir, dans un monde « qui brûle ». 

Pour Éloi Morterol « Le greenwashing commence ici : quand on nous fait croire qu’on va pouvoir continuer à acheter sur ce mode de consommation tout en étant écologiques. » Au côté de Loïc Sécheresse, il défend une posture radicale : Satanisme et écoresponsabilité soutient l’incompatibilité du système capitaliste actuel avec l’écologie. La figure de Satan permet aux lecteurs de déconstruire l’association entre radicalité et criminalité, et la galerie de personnages aux caractères bien trempés – comme cette Black Blocs bénévole en maison de retraite ou cette mamie sataniste – écartent les clichés faciles, en illustrant ce que pourrait être l’action climatique.

« Le capitalisme vert n’est pas une réalité possible. Qu’est ce qu’une vitre cassée par rapport à ce qu’on prépare pour nos gamins ? La violence se situe là, on n’est plus dans la comédie », conclut Loïc Sécheresse.