Au labo

Promesses chimériques

Illustration : Beya Panicha

La recherche et la législation ont dernièrement franchi un pas décisif vers la création de « chimères homme-animal ». Les promesses médicales de ces entités hybrides favorisent pourtant, au-delà des écueils éthiques, un projet technologique d’appropriation et de marchandisation du vivant.

Pour une poignée de chercheurs, l’annonce aura des airs de victoire : promulguée cet été, la révision de la loi de bio­éthique autorise désormais, sous conditions, la recherche controversée sur les « chimères homme-­animal ». En biologie, cette appellation désigne « un organisme ou un embryon où coexistent au moins deux populations cellulaires porteuses de patrimoines génétiques différents », ici humaines et animales. Dans leurs essais, les chercheurs injectent des cellules souches humaines au sein d’embryons animaux, dans l’espoir qu’elles participent à la formation de l’organisme colonisé – processus dit de « chimérisme ». Si l’on cherche à se rassurer, on pourra remarquer que les expérimentations en la matière n’en sont qu’à leurs balbutiements et que les créations in vitro actuelles sont encore bien loin du Minotaure, des Centaures et autres monstres mythologiques.

L’évolution n’en est pas moins significative, car la législation française était jusqu’ici défavorable à de telles expérimentations. Révisée tous les sept ans pour s’adapter aux avancées de la recherche, la dernière version de la loi de bioéthique, écrite en 2011, interdisait l’introduction de cellules souches embryonnaires humaines...

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NUMÉRO 48 - OCTOBRE NOVEMBRE 2021:
Idiocratie, comment la médiocrité nous gouverne
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