Décroissance et égalité

Pour une décroissance égalitaire, faut-il rationner ?

Collection of the Weisman Art Museum

Partager dans la contrainte et non plus dans l’abondance, telle est l’équation à laquelle répond le rationnement. Face à la nécessaire décroissance de nos modes de vie, l’idée revient peu à peu dans le débat depuis le Royaume-Uni, pays où la mémoire de l’austérité liée à la Seconde Guerre mondiale est moins traumatique que chez nous.

Une croissance infinie est impossible sur une planète aux ressources finies. Soit, cette conclusion du « rapport Meadows », Les Limites à la croissance,  publié en 1972, est (à peu près) admise. Mais comment ramener sur Terre une croissance qui, cinquante ans plus tard, se comporte toujours comme si elle était infinie ? Encore jamais évoquée devant le grand public, une idée fait son chemin depuis quelques années. Intuitivement, elle peut en horrifier certains tant elle s’attaque de front à l’imaginaire de nos sociétés d’abondance : le rationnement. Autrement dit, une limitation individuelle de certaines consommations qui constitue, selon ses promoteurs, la voie la plus égalitaire pour adapter nos modes de vie aux contraintes des ressources terrestres.

Le théoricien anarchiste Pierre Kropotkine (1842-1921) en faisait d’ailleurs l’éloge dès la fin du XIXe siècle : « En 1871, dans Paris assiégé, lorsque le peuple veut faire un effort suprême pour résister à l’envahisseur, que réclame-t-il? – Le rationnement ! La mise au tas de toutes les denrées et la distribution selon les besoins de chacun. » Donner à tous par la coopération, plutôt que laisser faire la violence de la compétition ? Il est un moment où ce partage dans la contrainte devient inévitable : par temps de...

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