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Étincelle veut rendre l'innovation accessible aux 15-25 ans de tous milieux sociaux.

Déclencher l'envie d'innover chez les étudiants issus de milieux populaires, c'est l'objectif principal du programme Étincelle lancé par Passeport Avenir. Certains jeunes ont même déjà des projets de création d'entreprise.

Auto-censure, manque d’information ou méconnaissance des codes de l’entreprise, les jeunes de quartiers populaires peuvent parfois se sentir très éloignés du monde de l’innovation. Développé il y a un an et demi, le programme Étincelle vise à briser ces freins. Pour cela, il peut compter sur l’important réseau de Passeport Avenir. Cette association accompagne plus de 6.000 jeunes de quartiers défavorisés dans leur réussite scolaire et professionnelle.

Pour surmonter ces trois barrières, des passerelles sont créées entre les professionnels de l’innovation et les étudiants. Accenture, Capgemini, SNCF ou encore Airbus sont les partenaires les plus impliquées dans le dispositif. Concrètement, leurs salariés invitent les jeunes à visiter les laboratoires d’innovation de leurs entreprises.

En plus d’initier une relation privilégiée avec de futurs potentiels employés, l’intérêt pour ces entreprises est d’impliquer leurs collaborateurs. D’après une étude d’impact réalisée en 2012 par Passeport Avenir et Accenture, 87% des tuteurs volontaires seraient plus motivés au sein de leur entreprise en accompagnant des jeunes de Passeport Avenir.

Pour élargir au mieux les perspectives, Étincelle prévoit aussi une découverte des pratiques du travail de demain. Les étudiants peuvent ainsi découvrir des espaces de coworking, des ateliers de fab labs ou des lieux d’incubation comme le SenseCube. Enfin, ils rencontrent des entrepreneurs influents comme Anil Gupta, le fondateur du réseau Honey Bee lors de conférences Ted Talks ou au OuiShare Fest, un forum consacré à l’économie collaborative.

Un programme co-construit avec les jeunes     



Kiffer, tester, explorer, désobéir et transpirer”: telles sont les cinq attitudes à adopter pour devenir l’entrepreneur de demain d’après les organisateurs d’Étincelle. Cet état d’esprit est insufflé au travers d’ateliers réguliers et gratuits. L’objectif? Démystifier l’innovation et se familiariser avec le monde de l’entreprenariat.

Pour moi, le terme innovation était très flou”, explique Jenifer, une participante du programme engagée dans des études de médecine. Pour attirer de nouveaux participants, Étincelle mise sur des ateliers pratiques, des ressources en ligne et surtout sur l’implication d’un noyau dur de membres, qui se révèlent être les meilleurs ambassadeurs du dispositif.                                                                                              

L’équipe n’hésite pas à encourager les jeunes à s’engager. “Ils ont participé à la création du programme Étincelle et aujourd’hui ils peuvent partager leur opinion sur les réseaux sociaux, écrire des articles sur notre blog et suggérer des événements”, souligne Damien Chevalier, cofondateur du programme. L’avis des lycéens et des étudiants est également recueilli via des questionnaires après chaque événement.

Les plus investis avouent avoir été séduits par les opportunités de rencontres avec les professionnels ou par l’attrait pour l’innovation. D’autres se posent simplement des questions sur leur avenir. École de commerce, d’ingénieur, fac de sciences sociales ou de sciences et de technologie, leurs profils sont diversifiés. S’ils sont simplement cinquante à être très actifs depuis le lancement de la communauté en avril dernier, Étincelle espère en toucher plusieurs centaines à la rentrée.

Déjà des idées d’entreprises pour certains



Pour l’instant, le dispositif a permis aux jeunes de mieux appréhender leur futur et leur rapport à l’innovation, ainsi que de comprendre l’importance de nouer des relations professionnelles”, précise Marine Mellado Ruiz, la responsable d'Étincelle. En valorisant leurs connaissances acquises dans le cadre du programme, quatre ou cinq étudiants ont même décroché plus facilement un stage (dont un au fab lab de Capgemini).

À l’avenir, l’accent sera mis sur l’acquisition de compétences telles que la capacité à communiquer ou à gérer son stress. Armand et Loïc, deux membres actifs, souhaiteraient aussi aborder l’innovation sous l’angle du sport ou du cinéma et toucher les associations d’élèves.

Si aucune entreprise n’a encore été lancée –Étincelle n’ayant pas vocation, pour le moment, à devenir un incubateur– des projets sont déjà sur les rails. Loïc est en train de développer une application avec un autre membre du programme. Quant à Armand, il vient de créer un prototype qui permet de pianoter sur son téléphone sans se faire mal au cou. Si leurs idées ont germé avant le dispositif, les deux garçons ont été stimulés par le dynamisme du groupe. Grâce au OuiShare Fest, ils ont même rencontré et convaincu des investisseurs. En espérant qu’ils continueront à faire des étincelles!

Crédits photos: Étincelle

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