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Edito #20 : Le crottin, la voiture et la mobilité connectée

Si vous viviez à Paris en 1900, vous auriez sûrement été incommodé par des pics de pollution d'un genre particulier. Ceux provoqués par le crottin de cheval! «Les embarras de Paris», comme on les surnomme à la Belle Époque, inondent alors la voie publique et font régner une atmosphère malodorante vécue comme un véritable «danger pour la respiration». Les 80 000 montures qui cavalent dans les rues de la capitale deviennent une réelle préoccupation pour les Parisiens. Le salut viendra d'une nouvelle venue: l'automobile.

Un siècle plus tard, la voiture a envahi les villes et polarise à son tour tous les problèmes: sur les plans écologique et sanitaire, elle pollue et elle tue. Spatialement, elle gêne, occupe et comprime l’espace public. Concernant la qualité de vie, elle est bruyante, coupe les zones piétonnes et cyclables, empêche la végétalisation. Et combien d’heures de perdues par an dans les embouteillages?

Face au boom du nombre de citadins – les trois quarts de la population mondiale vivront en ville d’ici 2050 – et d’allers-retours quotidiens, se déplacer en voiture individuelle est devenu une aberration dans nombre de mégalopoles. Toutefois, il ne s’agit pas d’opposer les conducteurs de voiture aux cyclistes et usagers des transports commun, ni de céder à des politiques punitives qui creuseraient les inégalités, notamment pour les périphéries. Il ne s’agit pas non plus de s’extasier sur l’arrivée prochaine de la voiture autonome qui résoudrait soudainement l’équation. Il est nécessaire de repenser nos déplacements en ville, de privilégier les solutions existantes et de faire émerger des formules nouvelles : autopartage, véhicules en libre-service (vélos, voitures et maintenant scooters électriques), trajets mutualisés, vélos à assistance électrique...

Combinés à l’existant, ces services permettraient enfin une intermodalité intelligente, grâce aux smartphones et au big data. Pour les nouvelles générations, circuler en ville doit être aussi facile que d’écouter un morceau sur Spotify. Certains maires l’ont déjà compris et favorisent l’expérimentation. Mais pour accélérer la reconquête de l’espace public, il faudra que politiques, acteurs privés, start-up et citoyens travaillent main dans la main. N’y allons pas en marche, mais au galop!
 

Le sommaire du N° 20 à lire ici
En kiosque le 7 décembre avec son supplément Idée Collaborative 2016







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