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Une jeune indienne part à l'assaut de la surdité des nourrissons

Neeti Kailas est une jeune entrepreneuse indienne. Dans sa besace, un projet à la hauteur d'un enjeu sanitaire colossal : dépister les troubles auditifs chez les nouveau-nés grâce à un appareil peu cher, efficace et très simple d'utilisation.

En Inde, la surdité est la deuxième cause d’invalidité. Environ 26 millions de nourrissons naissent chaque année dans le pays. Parmi eux, plus de 100 000 souffrent de troubles auditifs et ne bénéficient d’aucun dépistage, pourtant considéré comme faisant partie des soins élémentaires dans les pays développés.

Désireux d’« avoir un maximum d’impact sur la société », Neeti Kailas et son mari Nitin Sisodia ont créé leur propre start-up, baptisée Sohum Innovation Lab. Sa mission : s’attaquer au système de soin indien lacunaire en développant à grande échelle des appareils innovants. Le premier d’entre eux a été conçu comme un petit bandeau à ajuster à la tête du nourrisson. On ne peut plus simple à poser, garanti zéro sédatif. Doté de trois petites électrodes, il détecte les réactions électriques générées par le système auditif du cerveau lorsqu’il est stimulé. S’il ne réagit pas, c’est tout simplement que l’enfant n’entend pas. Du coup, aucune compétence particulière n’est requise pour s’en servir : il suffit de lire le résultat sur une application mobile dédiée. En outre, l’appareil est capable de filtrer le bruit ambiant; une nécessité selon Neeti Kailas : «Il suffit de se rendre dans des dispensaires indiens pour comprendre à quel point ils sont bruyants et surpeuplés».


 


L’urgence indienne
Les conséquences potentielles d’une prise en charge tardive sont désastreuses : apprentissage du langage difficile, mauvaise intégration, éducation bâclée… « À l’âge de 18 ans, explique Neeti Kailas, leur niveau de lecture et de compréhension correspond à la moitié de celui d’un enfant dit “normal” ». La découverte du handicap ayant souvent lieu à l’âge de 4 ou 5 ans, les sourds et malentendants sont placés dans des écoles spéciales, marginalisés. La cofondatrice de Sohum Innovation Lab déplore une telle situation: « On veut que les enfants souffrant de troubles auditifs aient un égal accès à l'éducation, au marché du travail, qu’ils aient la même possibilité de se faire des amis ».


Prix imbattable
Le dernier atout de l’appareil ? Son coût, bien plus faible que dans les pays riches. Il se révélera donc très précieux dans les zones les plus reculées du pays, où l’accès aux soins est pour le moins limité. De quoi réduire l’énorme fossé qui sépare le service privé, sophistiqué, du service public, bien moins doté. Les petites maternités et les modestes médecins de campagne auront ainsi à leur disposition une technologie simple et efficace, prélevant ensuite une modique somme pour chaque dépistage. L’intérêt, résume Neeti Kailas, est de  « fournir ces appareils à des personnes qui n’auraient jamais les moyens de les obtenir, ni les compétences pour l’utiliser ».
Pour l’heure, l’appareil n’est encore qu’à l’état de prototype mais les choses vont bon train. Récompensée par les Rolex Awards, Neeti Kailas espère que le produit sera lancé à la fin de l’année 2016. L’objectif : examiner 2 % des nouveau-nés indiens dès la première année.

 





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