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Une "banque" qui permet de se meubler en low cost

Lancée en juin 2012, ce projet d'Emmaüs consiste à équiper les appartements des plus démunis à bas coût.

Il y a un peu plus d'un an, le chantier d’insertion Emmaüs Défi lançait la Banque solidaire de l’équipement (BSE). Le principe ? Récupérer les invendus des magasins d'équipement de maison pour les revendre à très bas coût aux personnes en situation de grande précarité.

La BSE s’adresse aux personnes en difficulté qui ont récemment quitté un “logement transitoire” (foyer d’hébergement d’urgence, hôtel social, centre de réinsertion), pour s’installer dans un logement pérenne. “Ces personnes arrivent souvent dans leur nouvel appartement vide - en général, un HLM - avec peu d’affaires, juste quelques sacs de vêtements”, constate Vanessa Engel, responsable de la BSE.

Difficile, dans ces conditions, de se sentir chez soi. “Le but de la BSE est d’aider ces personnes à s’approprier leur logement, note Vanessa Engel. L’accès à un logement, c’est la fin d’un parcours pour eux, mais c’est aussi un moment de fragilisation, qu’il faut réussir à surmonter. Ce sont des personnes très démunies, qui n’ont jamais eu de logement à elles, et qui ne savent par où commencer.”

Concrètement, la BSE travaille conjointement avec les travailleurs sociaux de la Ville de Paris. Une fois les conditions financières examinées, on présente à la personne modeste orientée les équipement disponibles, adaptés à son budget.



(DR)

Parmi les équipements les plus demandés, du matériel de première nécessité : assiettes (3 euros le lot), poêles, couettes (à quatre euros), draps, tables, chaises.

“On ne vend que du neuf, du matériel invendu que l’on utilise intelligemment pour ceux qui en ont besoin”, explique Vanessa Engel. Pour les personnes accédant à un logement pérenne, avoir un équipement neuf est important, c’est une façon de tourner la page, de se sentir enfin comme tout le monde”.

Un projet “doublement vertueux”

En un peu plus d’un an, 320 foyers ont été équipés grâce à la BSE. Une partie de l’effectif d’Emmaüs Défi (une centaine de salariés en insertion) s’occupe de la logistique et de la livraison des meubles.

Pour récupérer les invendus, la BSE a noué un partenariat avec Carrefour et la fondation Carrefour, qui apportent, en plus des dons d’équipement, un soutien financier au projet. La fondation Seb fournit quant du petit électroménager et des articles culinaires invendus.

"C’est un projet doublement vertueux, indique Vanessa Engel. Pour les personnes relogées, mais aussi pour les salariés d’Emmaüs Défi (recrutés dans les centres d’hébergement), qui réintégrent le monde du travail.”

320 foyers en un an, un résultat jugé “très satisfaisant” par la responsable de la Banque solidaire de l’équipement, qui ajoute que “c’est un système qui fonctionne : nous avons eu de très bons retours de la part des services sociaux”. Encore un peu tôt pour faire un bilan, mais à terme, la BSE espère s’étendre à d’autres villes.

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Numéro 41 AOÛT SEPTEMBRE 2020:
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