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Un nombre de casques élevé n'est pas "bon signe" pour les cyclistes

Le casque, par définition, est une protection utile en cas d'accident, permettant d'éviter de graves blessures. Néanmoins, il est aussi l'élément révélateur d'un sentiment d'insécurité légitime. Au sein d'une ville, plus le danger est grand, plus les cyclistes sont nombreux à sortir casqués.

Aux Pays-Bas, tout le monde pédale et l’âge ne saurait être un frein. En moyenne, les enfants de moins de 12 ans effectuent presque un trajet par jour à vélo quand les plus de 75 ans en font encore près d’une moitié. Ici, la bicyclette est devenu le moyen de transport privilégié et pourtant, rares sont les usagers casqués : à peine 0,5 %À l’inverse, au Royaume-Uni, les cyclistes sont moins nombreux mais presque tous portent des protections. La raison est simple : ici, il est six fois plus dangereux de faire une balade à vélo qu’au pays du gouda.

Échec public
Au Royaume-Uni comme ailleurs, les politiques publiques pensent qu’il vaut mieux tomber avec un casque que sans casque. Aux Pays-Bas, elles pensent qu’il vaut mieux ne pas tomber, tout simplement.
En ce sens, le port du casque traduit l’échec de la sécurité publique, reflétant l’absence d’infrastructures favorables aux cyclistes. On peut ainsi voir dans les campagnes de promotion du casque un transfert des responsabilités, des pouvoirs publics vers l’usager.
Or, si l’on veut que le vélo soit un moyen de déplacement sûr, il doit avoir une place à part dans le réseau routier, comme c’est le cas au Danemark ou aux Pays-Bas, où il existe de nombreuses pistes cyclables séparées des autres voies, où les feux tricolores sont adaptés à l’allure des cyclistes et non à celle des voitures, quand certains d’entre eux permettent même à tous les cyclistes d’un carrefour de passer simultanément pour réduire les conflits avec les voitures. Les exemples ainsi accumulés font du vélo un moyen de transport légitime, voire privilégié lorsqu’il prend le pas sur l’automobile. Naît alors la culture de la bicyclette, gage d’une plus grande sécurité. Ainsi, rares sont les Hollandais qui ouvrent aujourd’hui la portière de leur voiture sans regarder au dehors si un vélo ne passe pas au même moment. C’est qu’ici, le cycliste est devenu roi quand ailleurs il se fait renverser.
En conclusion, ainsi que l’affirme le blog The Alternative Department for Transport, « faire du vélo en sécurité n’est pas seulement une question de casque ». C’est avant tout une histoire d’aménagement de l’espace urbain, et donc une affaire de choix politique : veut-on développer un moyen de transport pratique et écologique en ville ?
En attendant, sortez couverts.

Crédits photo : BeyondDC, Flickr

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Numéro 41 AOÛT SEPTEMBRE 2020:
Qu'est-ce qu'on attend pour effacer la dette ?
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