Entretien

Gilles Salvat : Santé humaine, santé animale, même combat

Itziar Barrios

Devons-nous penser la santé comme un bien commun ? C’est l’objectif de l’initiative One Health, littéralement « une seule santé », qui fait le lien entre la santé animale et à la santé humaine. Gilles Salvat, chercheur en sécurité sanitaire des aliments, vétérinaire et spécialiste des zoonoses transmises par voie alimentaire, nous explicite le sens de cette démarche.

Inciter l’ensemble des professionnels de la santé humaine, animale et environnementale à mutualiser leurs réflexions. Tel est le but de l’initiative One Health, née dans les années 2000 et approuvée aujourd’hui par quelque 850 médecins, vétérinaires et scientifiques à travers le monde. En France, Gilles Salvat en est l’un des plus fervents promoteurs. Aujourd’hui directeur général délégué de la recherche à l’Anses (1), le chercheur y voit le moyen d’une meilleure prise en compte de la santé et du bien-être animal pour éviter de nouveaux risques sanitaires majeurs. 

Dans quel contexte la méthodologie One Health s’est-elle ­développée ? 

La réflexion scientifique que nous avons entamée dans mon établissement a émergé au début des années 2000 au sein de grandes organisations internationales comme l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces organismes ont réalisé que les animaux et les humains avaient un certain nombre de déterminants de santé communs. Ils sont arrivés à la conclusion qu’on ne pouvait traiter la santé humaine sans se préoccuper de la santé animale et vice versa. Pourquoi ? Parce que environ 60 % des maladies infectieuses actuelles sont des maladies zoonotiques [des maladies dont les agents pathogènes se...

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