Océan et ressources stratégiques

Ressources minérales : extraction en eaux troubles

Cobalt, nickel, cuivre, terres rares… Les ressources minérales des eaux profondes aiguisent l’appétit des États dotés d’une grande aire maritime. Thuriféraire de l’exploitation sous-marine à l’international, jouant la prudence et invoquant « l’exploration » sur la scène nationale, la France n’est pas la dernière à rêver d’aller gratter le plancher océanique, sans trop s’attarder sur la dévastation probable des écosystèmes.

Plongés dans le froid et le noir absolu, les abysses se retrouvent aujourd’hui sous le feu des projecteurs. Un milieu fragile et mystérieux dont on ne sait encore que très peu de choses, si ce n’est qu’on trouve dans certaines zones des dépôts minéraux d’une valeur inestimable. « Il existe au fond des mers des mines de zinc, de fer, d’argent, d’or qui seraient très certainement facilement praticables », rêvait déjà en son temps le capitaine Nemo, héros de Vingt mille lieues sous les mers (1870) de Jules Verne. À l’époque, une expédition vient tout juste de découvrir pour la première fois des nodules polymétalliques, des galets composés notamment de cobalt, de cuivre et de nickel, dans les profondeurs de la mer de Kara, au large des côtes sibériennes.

Retrouvez cette enquête dans notre dernier numéro « L'écologie recrute ! », en kiosques, librairies et sur notre site

Plus de cent cinquante ans plus tard, l’abondance des ressources se confirme. On estime que 34 milliards de tonnes de nodules reposent sur le plancher de la zone Clarion-Clipperton dans l’océan Pacifique, évalués à plusieurs milliards de dollars. Les encroûtements cobaltifères à la surface des reliefs sous-marins de la « Prime Crust Zone » dans le Pacifique nord-ouest renfermeraient pour leur part