Le vert est dans le fruit

L'écologie doit-elle protéger ses mots ?

Illustration : Adria Fruitos

Transition énergétique, développement durable… certains mots de l’écologie ont été récupérés par les cercles technocratiques et fait le lit de l’opportunisme politique. Pour autant, si un désir de radicalité semble émerger, chercher la pureté sémantique ou argumentative ne mène-t-il pas également dans l’impasse ?

Pour avoir l’air écolo, on peut recycler ses conserves en alu ou ses bouteilles en verre, mais on peut aussi recycler les mots. Dernier exemple en date : la « résilience ». Utilisée aussi en psychologie, la notion désigne en écologie la capacité d’un écosystème à retrouver un équilibre après l’absorption d’un choc. Théorisée dans les années 1970 puis longtemps cantonnée à la sphère scientifique, elle a fait irruption ces dernières années dans le vocabulaire politique  et figure même dans l’intitulé du projet de loi issu des travaux de la convention citoyenne pour le climat (« loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets »).

Sauf que ce recyclage sémantique a été épinglé par le Haut Conseil pour le climat. Dans son avis sur le texte, l’instance consultative note que « le terme de “résilience” a une définition spécifique dans le contexte du changement climatique » et que « l’absence de mesures de résilience (seulement deux mesures ciblées sur l’adaptation) souligne que ce volet est extrêmement limité dans le projet de loi ». Résilience-washing ? Ce n’est pas le seul concept né dans le champ de l’écologie politique à avoir été récupéré par des acteurs politiques ou économiques dont l’engagement...

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NUMÉRO 46 - JUIN JUILLET 2021:
Les cadres se rebiffent
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