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En Italie, devenez livreur le temps d'un trajet

Icarry propose une alternative intéressante à La Poste. Son concept : utiliser les temps de trajets quotidiens des autres pour livrer vos colis en deux temps trois mouvements.

Êtes-vous toujours pleinement satisfait de vos envois de colis par la poste ? Coût, temps de livraison, état du paquet, arrivée (ou pas) à destination sont autant de variables qui découragent la plupart d'entre nous de se lancer dans ce projet (le mot n'est pas trop fort).

Pourquoi ne pas trouver une alternative au système de livraison traditionnel? Par exemple, Icarry, en Italie, permets la livraison de colis par des personnes qui ont du temps à offrir pour ça, un système de livraison communautaire simple, rapide, sûr et pas cher.

Optimiser les trajets du quotidien

Icarry est inspiré du modèle Blablacar. L’objectif est d’utiliser les temps de transport que nous réalisons chaque jour (travail, courses, ou autre) pour livrer un paquet d’un point à un autre. Comme avec le covoiturage, tout le monde y trouve son compte : le livreur est rémunéré (environ 70% du coût de la livraison), l’expéditeur paye nettement moins cher la livraison, qui est plus rapide et plus écologique.

Pour utiliser Icarry, la démarche est simple. En tant que livreur, il suffit de s’inscrire sur la plateforme internet et de renseigner son lieu d’habitation et ses trajets quotidiens. En tant qu’expéditeur, il suffit de faire une recherche en inscrivant les détails de la livraison que l’on souhaite effectuer. L’inscription est gratuite. Icarry se rémunère en récupérant 5 à 20% du coût de chaque livraison.

Retour au lien social et à la relation de confiance

La relation de confiance entre les humains est une problématique qui tient à coeur à Daniel Giovannetti, le fondateur. Et Icarry permet aux utilisateurs de retrouver une vraie assurance dans le domaine de la livraison : pour s’assurer de l’arrivée à bon port d’un colis, le livreur et le destinataire font un selfie ensemble et l’envoient sur la plateforme pour attester de la bonne livraison du paquet en temps et en heure. Le livreur reçoit ensuite une évaluation du destinataire. Cette relation de proximité entre le destinataire et le livreur permet d’instaurer un rapport de confiance.



Mais Daniel a aussi une autre ambition : "réduire les disparités entre pauvres et riches". Icarry présente l’avantage d’arrondir une fin de mois difficile pour des personnes dans le besoin, en gagnant de l’argent tout en rendant service. Dans une logique écologique, les livreurs d'Icarry se déplacent au maximum en voiture électrique, en transport en commun ou en vélo. Tout dépend de la taille du colis à livrer…

Monter un projet qui roule en parallèle de ses études, c’est possible !

Encore étudiant en master d’économie à Milan, Daniel a lancé Icarry, il y a un an. L’Impact Hub de Milan, où il a installé son bureau, l’a aidé booster son projet, notamment pour la monétisation. La campagne de crowdfunding a confirmé aussi l’intérêt de son projet.

Même la poste italienne a apporté sa contribution financière dans le but d’utiliser, potentiellement, le concept d’Icarry pour améliorer le système de livraison de la poste locale. En parallèle, une levée de fond est lancée pour pouvoir rémunérer les 3 développeurs qui travaillent sur le site internet.

Daniel, qui pense qu’une entreprise n'est rien sans ses salariés, met tout en œuvre pour payer chaque personne qui contribue au développement d’Icarry. "Tu travailles pour moi, je te paie" affirme le jeune entrepreneur.

Malgré la perception très positive qu’il a de l’entreprenariat, il avoue tout de même avoir "dû sacrifier un peu (sa) vie d’étudiant". Mais ce choix lui vaut aujourd’hui, à 24 ans, d’être à la tête d’un business social innovant, comptant plus de 8000 utilisateurs, dont 70% de livreurs et 30% de demandeurs. Déjà effective en Italie, la plateforme pourrait bientôt s’étendre aux autres pays d’Europe. La preuve que monter un business social et innovant en étant étudiant, c’est possible…

 

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Numéro 41 AOÛT SEPTEMBRE 2020:
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