La politesse des maisons

Droit au balcon

On y passe un coup de fil, on y interpelle un voisin, on y observe une manif. Longtemps privilège de l’élite, le balcon s’est démocratisé. Et s’il devenait un indispensable de l’habitat dense ? Au sein de l’agence l’Atelier du Lieu, l’architecte Colette Le Bourdonnec défend un « droit » à cette incongrue saillie du bâti.

Grâce à ces quelques mètres carrés suspendus, qui isolent et expo­sent à la fois, on met le nez dehors… tout en restant chez soi. Le balcon relève de la sphère privée, de l’intime, mais sa projection en dehors de la façade, dans l’espace ­extérieur, lui confère un aspect quasi public. « C’est un espace de dualités », résume ­Colette Le ­Bourdonnec. Au sein de l’agence nantaise l’Atelier du Lieu, cette architecte prône un « droit au balcon ». Si l’expression peut prêter à sourire, concède-t-elle volontiers, elle se traduit en actes : projet après projet, Colette Le Bourdonnec bataille pour défendre cet appendice de façade. À Niort (Deux-Sèvres), au quartier du Clou-­Bouchet, l’Atelier du Lieu a ainsi réhabilité deux bâtiments d’habitat social en les augmentant de vastes balcons portés par une structure métallique qui offrent aux résidents un point de vue sur le paysage, la rue et le voisinage. Des espaces extérieurs privatifs qui ne relèvent ni d’un confort superflu, ni d’un accessoire de luxe, insiste l’architecte. « Être dehors est un droit fondamental, la crise sanitaire nous l’a rappelé. Un logement n’est pas une prison, et l’enfermement n’est pas une fatalité de l’habitat en milieu dense », soutient-elle. Qui aurait cru que le balcon, à l’origine simple poutre soutenant une saillie en façade – de balcone, en italien, ou balko, en lombard –, traverserait les âges et deviendrait presque une condition sine qua non de l’habitat...

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Numéro 44 Février-mars 2021:
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