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Dans les cafés, les commerces et les musées, le Printemps citoyen invite au débat

Du 21 mars au 4 avril 2018 aura lieu la deuxième édition du Printemps citoyen, dont Socialter est partenaire. Un événement collaboratif qui se déroule partout en France dans des lieux de convivialité, pour développer la participation citoyenne et nourrir le débat démocratique sur les sujets de société.

Kevin André, président fondateur de la plateforme Kawaa et co-président du collectif Démocratie ouverte, est parti d’un constat. Émerge paradoxalement, à l’heure du "tout connecté", un sentiment de solitude. Les citoyens ont besoin de lien social, de renouer avec une proximité physique que la révolution numérique semble avoir peu à peu balayé. Ils sont désireux de se retrouver et d’échanger ensemble.

Né en 2017, le Printemps citoyen marque l’entrée dans le printemps en célébrant la démocratie, invitant les citoyens partout en France à se rencontrer, à échanger, à débattre sur les sujets de société qui leur tiennent à coeur.

Un événement inclusif et rural

 

Impulsé par la Nuit des Débats, une initiative de la Ville de Paris qui visait en avril 2016 à réinvestir les cafés et "lieux de convivialité" à la suite des attentats qui ont frappé la capitale, le Printemps citoyen se veut être un événement inclusif.

"L’idée est de permettre à tous ceux qui le souhaitent d’organiser des rencontres pour échanger et débattre en confrontant différents points de vue pour nourrir un débat démocratique", précise Kevin André. "On voulait également proposer un événement qui ne se joue pas que dans les grands centres urbains, mais aussi dans les lieux plus excentrés et ruraux, afin que le Printemps citoyen s’inscrive dans une diversité des territoires".

Cafés, restaurants, hôtels, musées et autres espaces municipaux se transforment ainsi, au gré des rencontres organisées, en tiers-lieux de démocratie, générateurs de lien social

L’année dernière à l’occasion de la première édition du Printemps citoyen, 350 lieux ont hébergé plus de 460 événements. Rencontres conviviales autour d’un café, débats, conférences, ateliers ou encore projections : les formats sont multiples, avec l’ambition commune de partager et valoriser les initiatives et projets au service du bien commun.

La plateforme collaborative Kawaa se charge de les référencer pour les rendre accessibles en s’appuyant sur une plateforme collaborative ouverte à tous : citoyens, collectivités, entreprises, associations, institutions, tiers-lieux...

Les jeunes s’investissent dans le débat démocratique

 

Fait intéressant : on aurait pu croire que l’année dernière à la même période, la campagne présidentielle battant son plein, la politique serait au coeur des débats. En réalité, elle était moins abordée que les thématiques de la citoyenneté, de la vie associative et du civisme, de la démocratie et du lien social. "Les gens ont envie de se retrouver, il y a un besoin de fusion dans cette société très morcelée", souligne Kevin André.

"Réinventer la démocratie par le numérique", "Façonner un monde plus solidaire", "S’engager quand on est jeunes dans la transition climatique" ou "Changer les choses à son échelle" s’inscrivent notamment dans les problématiques débattues par plus de 14 000 citoyens partout en France l’année dernière.



Et parmi les participants, plus de la moitié (53%) avait moins de 30 ans. Une appétence des jeunes générations pour ce genre d’initiatives démocratiques que Kevin explique à la fois par la méthode et le format de l’événement, décentralisé et qui prône l’initiative et la créativité, et par l’aspect générationnel : "Les jeunes générations sont peut-être plus réceptives et c’est tant mieux ! Ce sont elles qui façonnent le monde de demain".

Tandis que les contributions de cette édition seront restituées au grand public, aux élus ainsi qu'aux acteurs de la Civic Tech, lors de la clôture de l’événement le 12 avril prochain, Kevin est déjà tourné vers l’avenir. Dans la mesure du possible, il ambitionne d’élargir l’initiative à l’international. Et pourquoi pas en faire un rendez-vous de même ampleur que la fête de la musique ? "Je rêve d’une fête de citoyens du monde!", avoue l'organisateur. "En tout cas, ça me plait que la France puisse être à l’initiative de ce genre de manifestations".