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Childfree par écologie

Illustration : Troty

Loin des courbes abstraites du Club de Rome, la surpopulation motive aujourd’hui l’un des actes militants les plus intimes : le fait de ne pas avoir d’enfant par engagement écologique. Une décision tantôt fondée sur une éthique individuelle, tantôt inspirée par un idéal collectif en vue de limiter la prédation de l’espèce humaine – voire militer pour son extinction.

Dans la salle d’attente d’une gare routière, en Angleterre, une femme, accompagnée de son petit de 4 ou 5 ans, engage la conversation avec un homme assis là. Un quarantenaire en bomber kaki. « Direction le sud de la France pour les vacances », précise-t-elle avec un sourire. « Long trajet de bus ! », relève son interlocuteur. C’était ça, à défaut de prendre l’avion – « pour l’environnement », justifie-­t-elle, car « on a tous des responsabilités ». Monsieur bomber acquiesce : « Bien sûr, on en a tous. » Puis il désigne le garçonnet. « Alors, justement, pourquoi l’avoir fait ? » Sous le regard médusé de la mère, il énumère : « Vous pourriez faire 90 allers-retours à Paris chaque année, toute votre vie, et vous auriez toujours moins d’impact sur l’environnement que sa naissance. Sans mentionner les pesticides, détergents, les immenses quantités de plastique et d’énergie nucléaire pour lui tenir chaud. Lui avoir donné la vie est un acte égoïste. » 

La séquence est tirée de la saison 2 d’Utopia, série britannique dont l’intrigue met en scène une conspiration mafieuse visant à contrôler le nombre d’humains sur Terre. ­Jennifer, Strasbourgeoise de 36 ans, la mentionne en jubilant. Elle résume parfaitement l’une des raisons principales pour lesquelles elle a choisi d’être childfree, à savoir une de ces personnes...

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