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Avec "Avant le Déluge", Leonardo Dicaprio veut nous éviter un nouveau Titanic

Le film documentaire de Leonardo Dicaprio montre des images de grands paysages dévastés par l'activité humaine et le réchauffement climatique mais une grande place est laissée aux solutions. Le message principal du film: il est encore temps d'agir pour éviter le pire.

En 2006, Al Gore sensibilisait le grand public à la réalité du réchauffement climatique avec Une vérité qui dérange (Davis Guggenheim, 2006). Dix ans après, Leonardo Dicaprio présente son propre documentaire : Avant le déluge. Diffusé le 30 octobre sur la National Geographic Channel, le film, produit par l’acteur américain et Martin Scorsese et réalisé par Fisher Stevens (oscarisé pour le documentaire The Cove), montre le périple de l’acteur de The Revenant, à travers le monde, en tant que témoin des conséquences et des solutions face aux enjeux du climat. De passage à Paris le 17 octobre, la vedette a rappelé : “l’heure tourne et notre planète a besoin urgemment de nous tous!”

Car si Leonardo Dicaprio est extrêmement suivi pour sa carrière d’acteur, il ne l’est pas moins pour ses positions relatives à l’environnement. Messager de la Paix pour l’ONU avec comme priorité la lutte contre le réchauffement climatique depuis 2014, il n’hésite pas à se servir de sa célébrité pour promouvoir cette cause. Et c’est bien ce qu’il fait dans Avant le Déluge, car le documentaire est à la fois avec et sur l’acteur. L’introduction du film, par exemple : un souvenir d’enfance de Leonardo Dicaprio. Petit garçon, il contemplait le triptyque Le jardin des Délices de Jérôme Bosch accroché au-dessus de son lit, et notamment le dernier panneau. L’humanité y est représenté au bord du gouffre après avoir trop péché, justement “avant le déluge”.



Évidemment, pas de formes monstrueuses ni de questions religieuses dans son nouveau film, mais la conviction qu’il est temps d’agir pour éviter la catastrophe. Le message du film est clair : nous n’avons plus le temps de débattre, le réchauffement climatique est déjà en marche. Et pour convaincre, Leonardo Dicaprio voyage à travers cinq continents pour montrer des paysages dévastés : dans la région des sables bitumineux au Canada, dans les exploitations d’huile de palme sur l’île de Sumatra en Indonésie, sur les îles Kiribati qui souffrent déjà de la montée des eaux, en Chine et en Inde pour voir les enjeux de la surpopulation… Ses voyages sont ponctués d’entretiens avec des personnalités influentes, comme Barack Obama ou le pape François, d’expertises de chercheurs et de solutions pour agir à son échelle. Car le film l’affirme : il y a encore de l’espoir.

Une recette qui marche ?

Avant le Déluge n’a pas l’ambition d’un documentaire scientifique ou de l’exhaustivité. On apprend assez peu en le regardant. Quiconque ayant déjà visionné des films sur le climat et l’environnement connaît déjà la plupart des thématiques qui y sont abordées : la montée des eaux, la fonte des glaces, la mort annoncée des récifs coralliens, la perte de la biodiversité, les défis de la surpopulation, les problèmes de l’élevage bovin… Les enjeux sont connus, les solutions, avec les énergies renouvelables, les décisions politiques et les gestes individuels, aussi.

Pourtant, le film fonctionne. Leonardo Dicaprio porte son documentaire et donne la conviction que chacun peut agir, qu’on peut encore rattraper le tir et surtout… que le public est aujourd’hui prêt à l’entendre. Il y a dix ans, Al Gore demandait aux gens de prendre conscience du problème. Aujourd’hui, Leonardo Dicaprio leur demande de le prendre à bras le corps. Et la démarche est déjà amorcée : les initiatives citoyennes vont dans le bon sens au quotidien, des ambassadeurs, comme lui, portent des solutions et les lignes sont en train de bouger. Dernier exemple en date : la COP21 et l’Accord de Paris dont “la France peut être fière”, comme l’a rappelé l’acteur, de passage dans la capitale le 19 octobre. Et la prochaine étape pour garder cette dynamique se trouve en Amérique, avec les élections présidentielles. Avec ce message très clair de Fisher Stevens : il faut éviter la “tragédie”Trump.

  

Vous pouvez voir le film (en VF) jusqu'au 6 novembre sur le site de National Geographic.

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