Agriculture et transition

Agriculture et décarbonation : en 2050, tous aux champs ?

Photo : @dirtjoy sur Unsplash

L’agriculture française est depuis la Seconde Guerre mondiale guidée par des logiques productivistes. Dans un modèle agricole entièrement régi par l’agroécologie et la permaculture – qui limiterait l’ajout de pesticides et l’utilisation de machines high-tech –, quels seraient les emplois associés et dans quelle dynamique de relocalisation les territoires seraient-ils embarqués ?

Imaginez-vous, lors d’une balade le long d’une route de campagne, apercevoir, à la place des hectares de monoculture s’étendant à perte de vue, des exploitations à taille humaine où la diversité des cultures se mêle à celle des paysages. Les haies refont surface, les outils de production se diversifient ; on voit apparaître des cultibuttes, des vibro­planches ou encore des butteuses, puis l’on distingue à nouveau des silhouettes humaines s’activer dans les champs.

Cet article est issu de notre dernier numéro d'avril-mai « L'écologie recrute » que vous pouvez retrouver en kiosques et sur notre site internet

Cette vision, portée par plusieurs collectifs et militants, reste pour le moment marginale. La concentration des terres et l’intensification des pratiques agricoles – dans des structures toujours plus grandes – restent, de loin, la vision dominante. « On assiste à un plan social de la disparition des paysans qui ne dit pas son nom, et nous allons vers un monde agricole de plus en plus numérisé et sans emploi », juge Vincent Jannot, cofondateur de l’association