Numéro 52

Numéro 52

La joie malgré les défaites

Comment retrouver l’élan pour lutter lorsqu’on fait face à une succession ininterrompue d’échecs, de mobilisations qui ne prennent pas, de querelles fratricides ? Comment peut-on oser jubiler dans un monde qui s’enlaidit, ou même continuer à rire, à s’amuser lorsque l’humanité est au bord du précipice ? Déréliction et découragement semblent être les deux malédictions de tout engagement radical mais, n’en déplaise aux moines-soldats de telle ou telle cause, ils n’ont jamais été des carburants efficaces à l’action. L’engagement n’est pas synonyme d’austérité, la lutte peut (doit) être festive, l’écologie joyeuse, et la défaite est parfois plus glorieuse que la victoire. Ce dossier explore la puissance de la joie et rappelle la nécessité d’entretenir, malgré tout, le feu de l’allégresse pour avoir un jour une chance de changer la vie.

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COMPOSE TON ___________

Compose ton start-upeur écolo

Nouvelle rubrique !

Sous la forme d’un texte à trous, le lecteur est invité à se glisser dans la peau d’un personnage dont les éléments de discours nous ont semblé particulièrement savoureux. Première victime : le start-upeur écolo !

COMMENTAIRE DE TEXTE

AgroParisTech : Laurent Buisson n’aime pas l’école buissonnière

Nouvelle rubrique !

Socialter trempe sa plume dans l’encre rouge et republie un texte, article, discours, entretien qui a attiré l'attention de la rédaction, de manière à apporter un regard critique et/ou pédagogique aux arguments qui y sont développés.

TROISIÈME NATURE

Le gazon, un « béton vert » en fin de parcours ?

Nouvelle rubrique !

Hier symbole de réussite, aujourd’hui taxé d’aberration écologique, le gazon incarne cette vision passéiste de la nature : ordonnée, uniforme et domestiquée. Une hégémonie qui doit être remise en cause.

L’EFFET PARE-BRISE

À l’écoute du monde qui disparaît

Nouvelle rubrique !

Ingénieurs du son, spécialistes du cinéma animalier, Philippe Barbeau et Martine Todisco ont passé leur vie à écouter et classer les bruits du monde sauvage, pour des films à succès comme Microcosmos (1996) ou Le Peuple migrateur (2001). Désormais à la retraite, ils n’ont pas perdu pour autant leur acuité à déchiffrer l’environnement grâce à leurs oreilles ultrasensibles, qui sont de nos jours les témoins désemparés d’un monde à la fois moins peuplé et plus bruyant que jamais.

À LA SAUCE ALTER

L’auto-construction : un bâti à soi

Nouvelle rubrique !

Construire soi-même son lieu de vie, avec l’aide de son entourage, plutôt que de payer des professionnels pour effectuer les travaux. L’«autoconstruction» n’a rien de nouveau, mais en France, au fil du xxe siècle, elle est passée de norme à exception. Aujourd’hui, elle se réinvente à travers des chantiers collectifs dont les participants sont animés d’un profond désir de transformation sociale.

BLEU BLANC VERT - LA CHRONIQUE PRÉSIDENTIELLE

BLEU BLANC VERT - Législatives : Faut-il planifier l’écologie ?

Dans cette ultime chronique, nous nous interrogeons sur les contours d’une «planification écologique» et les inquiétudes que le dirigisme étatique peut soulever dans les cercles écologistes.

L'ENTRETIEN FLEUVE

Nancy Fraser : «La situation aux États-Unis est explosive»

Voilà plus de quarante ans que Nancy Fraser, figure de la gauche radicale, pose un regard original sur les rapports de domination au sein des sociétés occidentales. Philosophe, féministe, celle qui a fait ses armes politiques sur les campus américains des années 1970 n’a cessé de penser les fondements de la justice sociale, les contours de l’espace public et les formes du militantisme à l’heure de la mondialisation. Nous l’avons rencontrée alors que la mobilisation bat son plein aux États-Unis pour défendre le droit à l’avortement, suite à la fuite révélant que la Cour suprême songe à revenir sur la jurisprudence historique Roe vs Wade. L’occasion d’évoquer avec elle l’état de la gauche américaine plus d’un an après l’élection de Joe Biden, les formes actuelles du féminisme, mais aussi la place qui revient aux philosophes en ces temps «clairs-obscurs» qu’elle s’efforce d’éclairer.

DOSSIER

Faire feu de toute joie

La pureté militante se paie de fausses vertus: elle fait passer l’allégresse pour suspecte, l’amusement pour infantile, la beauté pour un attrape-gogo. Jouir dans un monde injuste reviendrait à s’en rendre complice, clament tous les pisse-froid de l’austérité révolutionnaire. Ceux-là oublient que les lendemains qui chantent n’ont jamais autant eu besoin d’aujourd’hui qui fredonnent. Que la subversion doit pouvoir rimer avec jubilation, et qu’une grande marrade civique peut coller aux bottes des oppresseurs.

Les écolos, des peine-à-jouir ?

Pour leurs adversaires, la cause est entendue: les écolos veulent tout interdire, sont au mieux des Amish et au pire des «Khmers verts». C’est oublier un peu vite que l’écologie politique puise ses racines dans une réflexion sur nos besoins fondamentaux et nos désirs. Dans le plaisir de l’autonomie, les plaisirs sensuels, l’épanouissement dans le temps libre et la sociabilité retrouvée, l’écologie dessine en réalité un nouvel horizon de jouissance collective...

Beautiful Losers

L’Histoire est écrite par les vainqueurs... Il y a bien sûr une grande part de vérité dans ce lieu commun. Heureusement, il souffre aussi d’exceptions notables. Lorsqu’ils ont l’échec resplendissant, les perdants en tous genres peuvent frapper les esprits et démontrer que la victoire n’est pas seule à être belle. La preuve avec cet hommage à dix vaincus magnifiques, dix losers de haut vol.

Au nom du pèze

Depuis quinze ans, Alessandro Di Giuseppe arpente les rues déguisé en pape pour propager la bonne parole de la « Sainte-Croissance ». Avec ses fidèles, il fait le pari de la dérision... qui est une arme militante.

Stimuler l'espoir, par Juliette Rousseau

Alors de quoi pouvons-nous bien avoir besoin pour affronter cette période et ce qu’elle porte en elle ? Trois hypothèses : l’espoir, la joie et l’action. Trois éléments indémêlables, et qui peuvent émerger dans les moments où l’adversité se fait la plus forte. Plutôt qu’une façon de prédire l’avenir, comme l’est l’opti- misme, l’espoir est une mesure d’urgence pour agir dans le présent.

La bamboche c'est politique !

Puissamment fédératrice et potentiellement subversive, la fête s’est naturellement vu attribuer des rôles politiques mouvants au cours des siècles – instru- mentalisation parfois maniée avec une certaine lourdeur.

Spinoza, un retour en joie

Philosophe des affects et de la joie, Spinoza s’impose depuis quelques années comme l’un des grands inspirateurs d’une pensée écologique qui cherche à dépasser l’approche rationaliste du monde.

GRAND REPORTAGE

Le peuple sami : vers la fin de la transhumance ?

En Norvège, là où les Samis – peuple autochtone de tradition nomade – sont les plus nombreux, les projets industriels fusent: ligne de chemin de fer, extraction minière, parcs éoliens... Aujourd’hui, leur culture est menacée de disparaître, tant par la prédation des États et des entreprises qui empiètent sur leurs terres que par les changements climatiques, encore plus rapides dans les régions polaires.

ENQUÊTE

Quartiers populaires : bons sentiments contre radicalité écologique

Depuis quelques années, en Seine-Saint-Denis et dans les communes avoisinantes, les habitants s’organisent de plus en plus contre l’injustice environnementale qui touche tout particulièrement leur territoire. Indépendamment d’une écologie institutionnelle verticale et en réponse à des opérations de «Clean Challenge» dépolitisantes, des mobilisations plus radicales et autonomes se sont développées.

MATÉRIAUX CRITIQUES

Quand finira l'alucination ?

Au milieu du xixe siècle, l’aluminium était rare et précieux. Il est désormais le deuxième métal le plus utilisé après le fer, et cette soif n’est pas près de s’éteindre. Confrontée à un surplus de la demande lié à l’essor des technologies bas carbone, l’industrie de l’aluminium est pourtant responsable à elle seule de 2 % des émissions de gaz à effet de serre. Les difficultés d’approvisionnement en bauxite – principal minerai d’aluminium – font aussi naître des inquiétudes, particulièrement en Europe.

CHRONIQUES

Salomé Saqué : Pantouflage au sommet de l’État

Après des débuts au Monde diplomatique et à France 24, Salomé Saqué acquiert une certaine notoriété pour sa couverture du mouvement des Gilets jaunes pour le média en ligne Le Vent se lève (LVSL). Spécialisée dans les questions économiques, elle rejoint Blast, le site d’information lancé en 2021 par Denis Robert. Elle est également chroniqueuse régulière dans l’émission «28 minutes» sur Arte et «Ça vous regarde» sur LCP. Elle tient cette chronique pour Socialter.

François Bégaudeau : Logique des pauvres

François Bégaudeau est écrivain, critique littéraire, scénariste et réalisateur. Auteur de plusieurs romans dont La Blessure, la vraie (Verticales, 2011) et En guerre (Verticales, 2018), il a récemment signé l’essai Notre joie (Pauvert, septembre 2021). Il tient une chronique régulière pour Socialter et livre deux fois par mois un podcast de critique de cinéma, La gêne occasionnée.

PLAT DE RÉSISTANCE

Frivolité tactique : la résistance en tutu

Masques loufoques, tambours, paillettes et accoutrements clownesques s’invitent parfois dans les actions militantes, comme lors de contre-sommets internationaux, sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ou encore lors d’occupations de mines de charbon organisées par Ende Gelände. Ce répertoire d’action, souvent nommé «frivolité tactique», ne se contente pas d’apporter de la joie aux moments de lutte, mais permet aussi de contourner les schémas traditionnels de la confrontation.

AU LABO

Armes autonomes : la drone de guerre

Des machines capables de prendre elles-mêmes la décision de tuer... Un fantasme circonscrit aux romans et films de science-fiction? Plutôt une réalité qui se rapproche à grands pas, dont aucun accord international ne semble pour l’instant pouvoir empêcher l’avènement.

LES DÉTERRÉS

Survivre et vivre

Alors que naissait une écologie technocratique, le mouvement «Survivre et vivre» fondé par le mathématicien de génie Alexandre Grothendieck a formulé, entre 1970 et 1975, une critique radicale de l’hégémonie de la raison technoscientifique sur nos sociétés.