Jeannie Robinson est arrivée tôt. Bonnet sur les oreilles, mitaines aux mains, la septuagénaire a déchargé une dizaine de bannières plastifiées, une banderole cousue main et une collection de pancartes « Stop the Hate » (« Stop à la haine ») déjà usées par d’autres rassemblements.
Autour d’elle, des activistes installent un système son et disposent des tracts sur des tables de camping. Leur ballet est rodé, peaufiné par l’habitude. La route qui borde le Sandpiper Hotel, bâtiment trapu décrit par ses clients comme « familial » et « sans fioritures », a été fermée par les policiers, qui font les cent pas pour chasser le froid. Les demandeurs d’asile logés dans ses chambres moquettées ont reçu l’ordre de se confiner à l’intérieur pour la journée.
Reportage issu de notre hors-série « Résister aux nouveaux fascismes », disponible en kiosque et librairie et à la commande.
Au sortir de l’A61, en périphérie de Chesterfield, dans le nord-est de l’Angleterre, les officiers orientent les manifestants : pour soutenir les immigrés, prière d’aller à gauche, avec Jeannie Robinson. Pour s’y opposer, c’est à droite. Toute symbolique est accidentelle, l’important est que « chaque camp ait la possibilité de dire ce qu’il a à dire », glisse un officier. Et ce, sans débordements. Les appels au rassemblement, pour ce dimanche après-midi de décembre, ont circulé en ligne, dans les newsletters et...