Source intarissable de fascination, le monde onirique inonde nos imaginaires depuis des millénaires, et l’aspiration de l’humain à contrôler le cours des rêves – les siens comme ceux des autres – n’a pas surgi avec le film Inception (Christopher Nolan, 2010). « Dans l’Antiquité, les Grecs se réunissaient dans des sanctuaires pour se livrer à des rituels d’incubation des rêves, et cette pratique a été reprise dans de nombreuses cultures », rappelle Claudia Picard-Deland, docteure en neurosciences.
Ces dernières décennies toutefois, les avancées dans la compréhension du sommeil portées par les progrès des neurosciences ont ouvert des perspectives en la matière. Et donné lieu à l’émergence d’une nouvelle branche de la recherche baptisée « ingénierie des rêves » dont l’objet est d’explorer les possibilités d’agir sur les rêves : non plus à l’aide d’un carnet de rêves, mais grâce à la technologie.
Article issu de notre n°73, disponible en kiosque, en librairie, à la commande et sur abonnement.
Cette discipline en plein essor s’appuie sur les innovations de l’imagerie cérébrale, de l’électroencéphalographie et de la polysomnographie1 : cette dernière en particulier enregistre de plus en plus finement le sommeil en s’appuyant sur trois marqueurs – l’activité cérébrale, l’activité oculaire et le tonus musculaire – qui caractérisent les différents stades du sommeil...