Dans la conclusion de votre ouvrage Le Capitalisme de l’apocalypse, votre précédent livre dédié aux libertariens radicaux, vous citez le romancier britannique China Miéville : « La défection est une tactique de losers, mieux vaut s’emparer de l’État. » Votre nouveau livre Hayek’s Bastards démarre précisément là où s’arrêtait le précédent. Peut-on parler d’une suite ?
Ce qui m’intéresse dans les deux cas, c’est cette connexion surprenante entre les libertariens radicaux et l’extrême droite. Les libertariens seraient uniquement focalisés sur la liberté économique et les moyens de la maximiser. Les conservateurs chercheraient, eux, une forme de pureté ethnique, une communauté nationale purifiée de ses envahisseurs. Ces deux groupes, le plus souvent, sont présentés comme des opposés. Leurs mondes, leurs héros et leurs mythes sont différents.
Entretien issu de notre n°72 « L'industrie de la destruction » disponible en kiosque, librairie, à la commande et sur abonnement.

Mais en réalité, ils partagent beaucoup de choses et, depuis une dizaine d’années, ils se sont alimentés mutuellement. Ces deux livres essaient d’expliquer cela. Pourquoi, après la fin de la guerre froide, ont-ils pensé que cela faisait sens de s’allier ? Ces deux groupes souhaitent en réalité faire sécession, sortir des arrangements supranationaux existants. Ils pensent que la mondialisation conduit l’humanité dans la...