Ce qu’il y a de pratique avec les lichénologues, c’est une minutie hors du commun et un solide sens de l’organisation. Lorsque nous avons contacté Françoise Peyrissat par e-mail en lui expliquant le principe de la rubrique et notre volonté de découvrir avec elle l’état de la population de lichens de l’agglomération clermontoise, elle nous a d’abord répondu : « Je réfléchis. »
Cartographie des nuisances
L’époque est si peu coutumière de ce type de réflexe que sa réponse nous a d’abord semblé presque suspecte. Et puis l’on s’est rassuré : c’était une manière de nous préparer en installant un certain rapport au temps ; ces organismes pouvant facilement atteindre des âges vénérables de plusieurs centaines d’années, ils supporteraient sans doute mal la précipitation.
Article issu de notre n°75 « Peut-on être en désaccord sans se haïr ? », en kiosque et librairie, et sur notre boutique.

On avait vu juste : quelques jours plus tard, Françoise nous proposait un itinéraire minuté avec plusieurs arrêts bien choisis, coordonnées GPS et captures d’écran de carte IGN à l’appui. De quoi balayer en une boucle l’ensemble du spectre des lichens de l’aire de Clermont-Ferrand. Si Françoise est aussi précise, c’est qu’elle est devenue la référence locale d’un vaste programme de sciences participatives consacré à l’évaluation de la qualité de l’air par les lichens, baptisé « Lichens...