Lors de votre prochain voyage en train, jetez un œil au paysage. Les champs de blé, d’orge ou de pommes de terre couvrent des millions d’hectares de la « ferme France ». Et si vous voyagez à l’automne ou au printemps, alors ces immenses surfaces ont très probablement reçu une pulvérisation de prosulfocarbe.
Très efficace pour dézinguer les « mauvaises herbes » (ou « adventices » en langage sérieux), cette substance chimique est devenue la meilleure amie des cultivateurs et cultivatrices en conventionnel : on l’épand à l’automne, juste après avoir semé l’orge ou le blé, et elle tue dans l’œuf la plupart des plantes concurrentes. Même efficacité au printemps, cette fois pour contrer les plantes rivales de la pomme de terre. Or le prosulfocarbe est toxique à plus d’un titre.
Enquête issue de notre n°73, disponible en kiosque, en librairie, à la commande et sur abonnement.
« Le dernier des Mohicans »
Entre 2012 et 2022, les ventes de produits contenant du prosulfocarbe comme le FIXY ou le DEFI ont explosé en France, passant de 1 000 à 7 400 tonnes par an. Particulièrement dans les régions de grandes cultures, au nord d’une ligne allant de La Rochelle à Mulhouse, ainsi que dans le quart sud-ouest de l’Hexagone. « C’est un peu le dernier des Mohicans : son usage augmente à chaque fois qu’une molécule similaire est retirée du marché, comme l’isoproturon ou le chlortoluron. Il est...