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Pourquoi éclairer nos villes avec des bactéries est une solution lumineuse ?

La bioluminescence, capacité naturelle de certaines créatures à produire de la lumière, pourrait bien être une alternative sérieuse à l'éclairage public traditionnel, en témoigne l'initiative d'une startup française prometteuse baptisée Glowee.

Vous avez sûrement déjà vu des lucioles, certaines algues ou méduses briller dans la nuit, comme par magie. Ce grand pouvoir implique de grandes fonctions : camouflage, communication, répulsion, attraction. Mais Sandra Rey et Maëlle Chassard, les deux cofondatrices de Glowee, ont trouvé une autre utilité à la bioluminescence : illuminer les devantures des magasins, les monuments, les rues, le mobilier urbain, la signalétique. Comment ? En cultivant des bactéries inoffensives comportant l’ADN bioluminescent d’une bactérie marine, jusqu’à obtenir la fameuse solution brillante. Tout l’enjeu étant de la faire durer le plus longtemps possible. Pour cela, il faut parvenir à augmenter le nombre de protéines produites par chaque bactérie, celles-ci étant à l’origine de la lumière. La potion magique est ensuite versée dans une coque un peu spéciale : en résine organique et transparente, elle laisse passer l’oxygène, facteur déclencheur de la réaction chimique que constitue la bioluminescence. Si tout se déroule comme prévu, la bioluminescence sera en mesure de remplacer en partie l’éclairage public traditionnel à l’horizon 2017, date à laquelle il devrait être possible d’obtenir 6 mois de lumière en continu. Pour ce faire, une campagne de crowdfunding - d’ores et déjà réussie - est en cours sur Ulule.
« Janine Benyus, la femme qui a théorisé le biomimétisme, est l’une de mes grandes inspirations, confie Sandra Rey. Depuis plus de 3 milliards d’années, la nature s’adapte, fait son bout de chemin en résolvant certaines problématiques et sans produire aucun déchet. C’est ce que l’on essaye de faire chez Glowee, on s’inspire de la nature et des technologies pour créer une vraie innovation ».


La fin des problèmes lumineux

En France, l’éclairage urbain classique souffre de nombreux maux, qu’ils soient d’ordre économique ou écologique. D’une part, l’éclairage classique implique une grande consommation d’électricité, principalement d’origine nucléaire. Cela a un prix, d’autant plus que près de la moitié des lampadaires sont aujourd’hui usés, voire obsolètes, et vont devoir être remplacés pour un coût de plusieurs milliers d’euros par unité. Sans oublier le gaspillage bien sûr, ce qui fait de l’éclairage public le second poste de consommation des communes, derrière les bâtiments. D’autre part, la pollution lumineuse qui en découle perturbe certains écosystèmes urbains et entraîne un certain nombre de risques sur la santé de l’homme. À cela enfin, il faut ajouter la possibilité pour les commerçants d’illuminer à nouveau leur devanture la nuit, interdiction en vigueur depuis le 1er juillet 2013.
Fort de ces multiples avantages, le bioéclairage pourrait bien s’inviter, à terme, dans le paysage nocturne et réenchanter ainsi nos rues. En attendant, Glowee lancera son produit durant la COP 21, en décembre prochain.







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Numéro 41 AOÛT SEPTEMBRE 2020:
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