De part et d’autre des cahoteux chemins de terre qui sillonnent le corridor Puerto Vega-Teteyé s’étendent de verdoyants champs de cocaïers (arbres à coca). Le Putumayo, au sud de la Colombie, est l’une des régions frontalières où se concentrent de plus en plus les cultures de coca destinées à la cocaïne. Poussant ici en plaine, la coca peut être cultivée partout, en zones tropicales, en dessous de deux mille mètres d’altitude. Penchés sur les arbustes sous un soleil de plomb, les raspachines (collecteurs) raflent les feuilles d’un geste expert pour remplir de grandes besaces.
Article de notre n°70 « Qui veut la peau de l'écologie ? », à la commande.

Une fois la récolte effectuée, la première transformation est en général opérée par le cultivateur lui-même : les feuilles sont séchées, macérées avec un produit alcalin (carbonate de sodium) et un solvant organique (gazole, kérosène), avant d’être mélangées à de la soude caustique. En résulte une pâte de coca, produit intermédiaire que les narcotrafiquants achètent au paysan avant d’en tirer dans leurs laboratoires clandestins le chlorhydrate de cocaïne – la célèbre poudre blanche.
Deux variétés de coca domestiquées depuis très longtemps sont privilégiées par le narcotrafic pour la haute teneur de leurs feuilles en alcaloïde de cocaïne, précise Liliana Dávalos, biologiste à la Stony Brook University : Erythroxylum novogranatense et Erythroxylum coca....