Des saisies d’œufs illégaux qui auraient dépassé celles du fentanyl, des boîtes d’œufs vendues allant jusqu’à 19 dollars la douzaine, des habitants qui louent des poules pondeuses pour pallier le manque… Il y a un an, l’eggflation (contraction d’egg, « œuf » en anglais, et d’inflation) faisait les gros titres aux États-Unis, tandis que cette nation férue d’omelettes connaissait une pénurie historique et une flambée des prix.
Le phénomène inondait les réseaux sociaux de mèmes et les démocrates adressaient au président Donald Trump, qui en avait déjà fait un argument de campagne, une lettre pour réclamer qu’il agisse. Un an auparavant, en décembre 2023, Vladimir Poutine s’adressait à sa population pour la prier de l’excuser… du prix anormalement élevé des œufs.
Article issu de notre n°75 « Peut-on être en désaccord sans se haïr ? », en kiosque et librairie, et sur notre boutique.

Depuis quelques mois, c’est en France que les difficultés d’approvisionnement sont apparues dans le débat médiatique et politique, poussant la ministre de l’agriculture Annie Genevard à monter au créneau sur le sujet : avec des producteurs à la traîne et une grande distribution à la peine pour remplir ses rayons, l’autosuffisance en œufs de l’Hexagone, si elle reste élevée, a chuté entre 2024 et 2025 de 99,7 % à 95,8 %. Poussant la filière à annoncer en février qu’elle se fixait de nouveaux objectifs...