Comment définir le plaisir ? Et pourquoi est-ce un objet politique ?
Si on définit le plaisir comme la satisfaction d’un désir, alors il semble qu’il n’y ait pas de puissance contestataire dans le plaisir, puisque c’est une expérience où le désir s’arrête, le désir comme volonté de transformation, comme manque qui appelle autre chose.
Dans la tradition philosophique, depuis Platon, et parfois aussi dans les discours politiques de gauche, le plaisir est associé à un moment conservateur, à un moment de satisfaction sociale et pulsionnelle. Ce moment où nous sommes en adéquation avec le monde tel qu’il est, puisqu’il est plein d’agréments pour nous. Le plaisir est donc souvent considéré comme quelque chose qui n’est pas progressiste.
Dans Quartier rouge, j’ai proposé une autre définition du plaisir, un autre type de plaisir que celui de la satisfaction : le « plaisir événement ». Le système capitaliste est principalement fondé sur la souffrance. La souffrance des corps mais aussi tout le système de pressions psychiques qui s’exerce sur nous, la nécessité de rendement, la souffrance de ne jamais être à la hauteur de ce que la société demande de nous, en particulier en termes de productivité.
Retrouvez cet entretien dans notre n°76 « Pourquoi nos plaisirs sont politiques », en kiosque, librairie et sur notre boutique.

De ce point de vue-là, le plaisir événement surgit dans les conditions de ce monde mais contre...