Ce matin d’octobre, il ne se passe rien à Pothuau, petit port reclus dans les Salins d’Hyères (Var). Les touristes sont partis, quelques bateaux dorment au bout des pontons en bois. Un homme seul, assis sur un banc, regarde silencieusement la surface calme et scintillante de la Méditerranée. Benoît Guérin grimpe sur son bateau, un petit « 7 mètres » qui porte les prénoms de ses deux enfants, amarré entre des navires de plaisance. « Pothuau était un grand port de pêche du Var », rappelle cet ancien ingénieur, reconverti depuis une dizaine d’années en pêcheur-artisan.
Aujourd’hui, il faut s’y prendre à deux fois pour déceler les traces d’une activité de pêche. En s’attardant, on aperçoit un bac rempli de filets sur le quai. Ils ne sont plus qu’une poignée de pêcheurs à les jeter à la mer. « La prud’homie a fermé il y a trois ans », précise Benoît Guérin, qui en faisait partie. Rares sont ceux qui s’intéressent à cette disparition. Pourtant, les prud’homies de pêche – des communautés de pêcheurs autogérées uniques en Méditerranée – constituent une alternative inspirante à la gestion actuelle des pêches.
Article issu de notre n°73, disponible en kiosque, en librairie, à la commande et sur abonnement.
Les prud’homies sont la dernière « institution juridique communautaire ancestrale » reconnue par le droit français, souligne l’inventaire du patrimoine culturel immatériel...