En août 2025, le Conseil constitutionnel a censuré l’autorisation de l’acétamipride, un néonicotinoïde, interdit en France depuis 2018, que la loi visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur, dite loi Duplomb, prévoyait de réintroduire. Vous faites partie des scientifiques à avoir demandé cette interdiction, aux côtés d’institutions et d’organisations spécialisées contre le cancer, qui ont beaucoup fait le lien entre les pesticides et la maladie. Il est pourtant compliqué d’établir cette causalité. Pourquoi ?
Cette causalité est extrêmement difficile à démontrer pour plusieurs raisons. D’abord, l’épidémiologie se sert des statistiques sur un temps long, il faut au moins une dizaine d’années pour les faire. Ensuite, il faut identifier les pratiques des malades, savoir s’ils ont été en contact avec des produits toxiques ou s’ils en ont manipulé, à quelle fréquence et à quelle échelle. Et quels produits précisément.
Entretien issu de notre n°74 « Qui paie le prix des pollutions ? », disponible en kiosque et librairie et à la commande et sur abonnement.
Enfin, ce sont des maladies qui se déclarent sur le long terme. S’agissant maintenant des maladies liées à la présence de néonicotinoïdes, il y a des faisceaux d’indications extrêmement inquiétants. Ce sont des neurotoxiques : ils agissent sur le système nerveux et on a toutes les raisons de penser que ce qu’on...