Dans le rond des jumelles, on aperçoit une petite tête blanche au-dessus d’un nid en hauteur. Une cigogne adulte qui couve ses petits. En enlevant la lunette, le mât installé n’est plus qu’un trait lointain devant une ville de tuyaux, cheminées et cuves que constitue la raffinerie de pétrole de Donges, dans l’estuaire de la Loire.
La première image, celle d’une biodiversité riche et mignonne, c’est celle que l’exploitant TotalEnergies veut ancrer dans les représentations, en finançant notamment l’Association pour la connaissance et la recherche ornithologique Loire et Atlantique (Acrola), chargée de veiller sur les cigognes.
La deuxième, celle d’une entreprise polluante qui fragilise la santé des riverains et des milieux, c’est celle que Marie-Aline ne peut plus éviter, en vivant face à l’immense site industriel responsable jour et nuit de bruits et d’odeurs désagréables. « Ça me rend malade », enrage la responsable de l’Association environnementale dongeoise des zones à risques, en montrant un article de presse où TotalEnergies se vante d’accueillir les oiseaux emblématiques et de produire du miel.
Retrouvez cette enquête dans notre n°76 « Pourquoi nos plaisirs sont politiques », en kiosque, librairie et sur notre boutique.

« C’est dugreenwashing, c’est une évidence, mais toutes les entreprises le font », reconnaît Julien Foucher, directeur d’Acrola, aujourd’hui soutenue chaque année à hauteur de...