#1 : Sauver l'audiovisuel public

Le RN et Reconquête n’ont pas le monopole de la détestation de l’audiovisuel public. La ministre de la culture Rachida Dati voue une haine tenace aux journalistes de l’émission « Complément d’enquête », sur France 2, qui ont révélé de potentielles affaires financières à son sujet1. Quelques jours après la diffusion, invitée dans « C à vous » sur France 5, la ministre est mise à mal par les questions de Patrick Cohen et le menace ouvertement de poursuites judiciaires… Une attitude lunaire.
Quant à son projet de loi sur la réforme de l’audiovisuel public avec constitution d’une holding, il ouvre potentiellement la porte à une privatisation accélérée : le but est de faire des économies, et céder l’une des chaînes fait partie des options. La commission d’enquête sur l’audiovisuel public, accaparée par le député UDR de l’Hérault Charles Alloncle, part elle aussi du principe que l’audiovisuel public est un gouffre financier.
Article issu de notre hors-série « Résister aux nouveaux fascismes, disponible en kiosque et librairie et à la commande.
Les extrêmes droites du monde entier pratiquent ce double mouvement : privatiser une partie de l’audiovisuel public en supprimant les voix critiques et l’investigation, puis transformer les ondes et antennes restantes en propagande du régime. De la Pologne du parti Droit et justice (PiS) à la Hongrie d’Orbán en passant...