«Le maquereau, c’est le poisson du pauvre. » Charles Braine le pêche à l’hameçon – une technique respectueuse de l’environnement. Il vend son poisson frais 8 euros le kilo. Moins cher que du jambon de supermarché. « Sûrement la protéine animale la plus accessible et durable de France », estime le pêcheur, militant pour la transition écologique du secteur et porte-parole de l’association Pleine Mer.
Pourtant, ce mois de janvier, l’État l’oblige à rester à quai. Un arrêté ministériel, publié fin décembre, impose à son petit navire de 6 mètres de capturer un maximum de 20 kilos par jour, contre 100 kilos l’année dernière à la même période. « À ce volume-là, on rembourse juste l’essence pour sortir le bâteau, c’est comme une interdiction de pêcher. »
Enquête issue de notre n°74 « Qui paie le prix des pollutions ? », disponible en kiosque et librairie et à la commande et sur abonnement.
Dans son secteur, à la pointe du Finistère, ils sont une douzaine de petits ligneurs, comme lui, à vivre du maquereau en hiver, l’une des rares espèces à se capturer près des côtes à cette période. « Pour nous, c’est difficile d’aller au large par mauvais temps », explique l’un d’entre eux. D’autres pêcheurs artisans, par exemple les fileyeurs, se retrouvent face à un dilemme : que faire des maquereaux « en trop » qui se retrouvent piégés dans les filets ? Les rejeter à la...