«Il faut bien réfléchir avant d’appuyer sur un tel bouton », déclarait Christophe Béchu le 31 juillet 2023, à propos du recours au dessalement d’eau de mer. Ce jour-là, à La Grande-Motte, l’ancien ministre de la transition écologique affichait une position claire : « Une telle usine peut avoir des effets dévastateurs sur l’environnement à cause des rejets de saumure*dans la mer (…), pour le moment, nous n’y sommes pas favorables. »
Un an plus tard, de l’eau avait coulé sous les ponts. Dans le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3), publié le 10 mars 2024, le dessalement, boudé alors, est désormais envisagé « de manière parcimonieuse » pour la production d’eau potable, dans les territoires marqués par des contraintes fortes sur l’eau potable, « notamment en situation d’insularité, comme à Mayotte », précise le rapport. Une mission d’étude a même été confiée à l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (Igedd)1, mais la publication d’un rapport, initialement prévue début juillet 2025, semble avoir été reportée à une date ultérieure non précisée.
Enquête issue de notre n°71, à retrouver en kiosque, librairie, à la commande et sur abonnement.

Or, sans attendre l’avis de l’Autorité environnementale, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique – qui n’a pas répondu à nos nombreuses sollicitations –,...