Il pleut sur Marseille en ce début de matinée, mais pas de quoi entamer le moral de Patrick Robert qui nous attend, bon pied bon œil, le verbe haut, à la gare Saint-Charles au volant de sa voiture. Au programme, une visite des infrastructures numériques de la cité phocéenne, devenue en quelques années le sixième hub Internet mondial, à la faveur de son exceptionnelle connectivité et des 38 câbles sous-marins qui la relient au reste du monde.
Patrick Robert, 72 ans, ancien cadre dans le secteur bancaire, n’est pas un geek ni un militant de longue date. Le retraité est investi dans un comité de quartier, sorte d’association destinée à faciliter le dialogue entre habitants et élus locaux, plus habitué à faire remonter les tracas de la vie quotidienne qu’à verser dans la technocritique. Et les data centers, Patrick n’y avait guère songé avant d’en voir débarquer un non loin de chez lui. En l’espèce, le dénommé MRS5, aujourd’hui en construction.
Article issu de notre hors-série « De la lutte à la victoire », en kiosque, librairie et sur notre boutique.

Course à la puissance
Le quartier de la Calade, où il fait une halte après quelques minutes de route, offre un panorama à nul autre pareil sur le grand port maritime de Marseille. Sous nos yeux, trois centres de données – les MRS2, 3 et 4 – implantés là par la multinationale américaine Digital Realty, hégémonique dans la ville avec ses cinq data centers et un...