Changer de vie... et après ?

« Ici c'est pas cui-cui les petits oiseaux ! »

Dans le Bugey avec Caroline Ledédenté, la polytechnicienne qui a tout plaqué pour faire du pinard.

Il y a parfois des douches qui durent plus longtemps que d’habitude. Ce matin d’avril, Caroline Ledédenté le sait depuis déjà trois jours : ses vignes ont gelé. Reste à savoir à quel point. Jusque-là, elle a fait le choix du déni, n’est pas sortie de chez elle. Sauf que les ballons d’eau chaude ne sont pas interminables et qu’il va bien falloir inspecter les quatre hectares de son domaine Grain par Grain, coincés entre les falaises du Bugey, dans l’Ain. « J’ai voulu filmer le résultat en direct pour le partager sur Instagram, mais j’ai dû m’y reprendre à quatre fois. » Ses quelque 3 000 abonnés ne s’en doutent sûrement pas : « C’est impossible de filmer correctement lorsque l’on pleure autant. » Finalement, plus de peur que de mal. Sur les grappes de Gamay, Chardonnay, Jacquère et autres Mondeuse que cultive l’ex-­Parisienne, seulement 10 % ont réellement souffert. Le reste s’en sort intact ou presque. Un petit miracle si l’on compare avec les pertes des vignerons du Jura voisin. De toute façon, on a du mal à imaginer qu’une telle catastrophe – si elle avait eu lieu – puisse réellement terrasser Caroline, que rien ne prédestinait à faire du vin. Son parcours est à lui seul une succession de renoncements courageux, d’échecs flamboyants et de succès arrachés à la sueur du front dans des endroits où personne ne l’attendait.

Foot, ingénierie et dépression

Son CV est par conséquent un brin foutraque. Il y a d’abord...

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est réservé aux abonnés.

En vous inscrivant sur notre site :
* Accès aux articles abonnés pendant 7 jours
* Le numéro "l'avenir sera low-tech" en cadeau

S'inscrire

S'identifier

Abonnez-vous à partir de 39€/an

S'abonner
NUMÉRO 48 - OCTOBRE NOVEMBRE 2021:
Idiocratie, comment la médiocrité nous gouverne
Lire le sommaire

Les derniers articles