Liberté d'expression

Palestine « Il y a une généralisation du recours au délit d’apologie du terrorisme pour réprimer des délits d’opinion »

Mathilde Panot, Rima Hassan, Anasse Kazib, mais aussi des syndicalistes CGT ou de simples citoyens, soutiens de la cause palestinienne, ont été inquiétés et parfois condamnés depuis 2023 pour « apologie du terrorisme ». Face à ce qui est perçu comme un dévoiement de la lutte antiterroriste, les députés insoumis ont déposé en novembre 2024 une proposition de loi pour abroger cette infraction. Pour Julie Gonidec, avocate en droit des étrangers et en droit pénal, membre du Syndicat des avocats de France, qui travaille sur plusieurs de ces affaires, ce délit aux contours flous constitue en effet une grave menace pour la liberté d’expression.

Le 18 juin dernier devait se tenir le procès d’Anasse Kazib, syndicaliste et porte-parole de Révolution Permanente, pour « apologie du terrorisme »1. Le procès a finalement été renvoyé dans un an. L’équipe de défense dont vous faites partie (avec Elsa Marcel, Prisca Ancion et Romane Bartoli) a annoncé vouloir faire de ce procès une tribune contre le délit d’« apologie du terrorisme ». Pouvez-vous d’abord rappeler le contexte dans lequel a été créé ce délit ?

À l’origine, le délit d’apologie du terrorisme appartenait au corpus des délits de presse, formulés dans leur version première en 1881, aux côtés de l’injure publique, de la provocation à la haine, de la diffamation. Ce sont des délits très particuliers car, compte tenu des atteintes possibles à la liberté d’expression, il y a un encadrement très strict du régime procédural, des méthodes d’enquête et de preuve. Ces garanties sont censées assurer l’effectivité de la liberté d’expression.

Entretien issu de notre n°71, à retrouver en kiosque, librairie, à la commande et sur abonnement.

Or le délit d’apologie du terrorisme2 a été sorti du droit de la presse en 2014 par Bernard Cazeneuve (ministre de l’intérieur du gouvernement Valls, NDLR). Cette sortie du régime de la presse était légitimée à l’époque par la menace élevée d’attentats terroristes sur le sol français et le recrutement actif opéré en ligne par des propagandistes...

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