Pensée binaire
À l’image des lignes de code de 0 et de 1, une vision binaire du monde a essaimé dans l’espace public. Si elle fleurit dans les cercles réactionnaires, elle s’invite aussi à gauche. Logiques partisanes, injonctions à choisir des positions caricaturales (ami ou ennemi, pro ou anti-viande, pro ou anti-voiture, etc.) nourrissent une hyperpolarisation des débats, décuplée par les bulles de filtre algorithmiques.
Cette vision « nous condamne à la rigidité, à une culture excluante qui écrase et violente, jusqu’à la déshumanisation. Alors que nous questionnons de multiples manières la binarité de nos adversaires politiques, nous l’acceptons, voire la valorisons fréquemment dans nos luttes », dénonce Sarah Durieux dans Militer à tout prix ? Pourquoi nos collectifs nous font mal et comment les soigner (Hors d'atteinte, 2025). Cette forme de paresse intellectuelle asphyxie aussi les discussions avec nos proches.
Pour s’en écarter, il faut se confronter à l’inconfort et à la complexité, comme le fait par exemple l’activiste et autrice Lumir Lapray, qui raconte le quotidien des jeunes ruraux tentés par le vote RN, afin de ne pas rompre le dialogue et, peut-être, les rallier à gauche (lire Socialter hors-série nº 20, p. 122).
Article issu de notre n°75 « Peut-on être en désaccord sans se haïr ? », en kiosque et librairie, et sur notre boutique.

Pureté militante
À la suite du collectif d’éducation...