Indépendamment du nombre de villes gagnées ou perdues, le bilan des élections municipales est rude pour l’ensemble de la gauche partisane tant elle en ressort divisée.
« Dans une telle situation de crise, nationale et internationale, mais aussi d’enracinement de l’extrême droite, le premier réflexe devrait être de serrer les rangs et de passer des compromis pour surmonter les divergences. Or, c’est tout l’inverse qui se profile », se désole Pierre Khalfa, ancien militant communiste et syndicaliste, désormais économiste membre de la fondation Copernic, un institut de réflexion critique à l’égard du libéralisme. « Ces divisions entravent la capacité du mouvement social à peser dans les campagnes. »
Article issu de notre n°75 « Peut-on être en désaccord sans se haïr ? », en kiosque et librairie, et sur notre boutique.

Le traitement médiatique des élections s’est par ailleurs montré en décalage total avec les réalités locales du scrutin municipal. De plus en plus orienté à droite, et parasité par l’ombre de l’élection présidentielle, il a souvent privilégié la mise en avant des figures nationales des partis, dont les batailles ont monopolisé le débat public tant sur les plateaux que dans les journaux. Au détriment de l’intérêt et des préoccupations des citoyens, et dans une configuration défavorable à la gauche.
Peser dans la campagne
Paradoxalement, cette focalisation médiatique sur les partis fait...