Le numéro 41 de Socialter sort en kiosques le 5 août ! Sommaire

Le numéro 41 de Socialter sort en kiosques le 5 août ! Sommaire

Les montagnes de dette publique créées lors de la crise du Covid-19 relancent le débat : pourquoi devrait-on rembourser une dette souveraine ? Tabou ultime ! On paie toujours ses dettes, c'est bien connu. Pourtant, à la différence d'une personne physique, un État ne meurt jamais et a la possibilité de créer de la monnaie ex nihilo. Par ailleurs, la dette est un instrument de domination, comme le démontre l'anthropologue David Graeber, 5000 ans d'histoire à l'appui. Alors que faire de la dette ? faut-il décréter un moratoire ? Rendre la dette perpétuelle? Réaliser un audit citoyen pour définir si une part de la dette est « illégitime » ? Ou plus cash : l'effacer, du moins en partie ?

Qu'est-ce qu'on attend pour effacer la dette ?




DOSSIER

 

Débat technique, tabou moral, choix politique

Alors que la crise du coronavirus fait exploser les dettes publiques européennes, le débat concernant leur possible annulation est relancé. Nécessité pour certains économistes, mystification pour d’autres… Derrière les arguments techniques et les considérations morales, la question révèle la fracture politique sur l’avenir de l’Union européenne.


Pauvre comme Crésus

Aider les personnes en situation de surendettement à s’en sortir, telle est la mission de l’association Crésus. Socialter a rencontré bénévoles et bénéficiaires pour comprendre les mécanismes qui mènent à la précarité financière et les solutions pour y remédier.


Au commencement était la violence

Dans Dette. 5 000 ans d’histoire (Les Liens qui Libèrent, 2013), l’anthropologue David Graeber mobilise économie, histoire et anthropologie pour démonter l’idée reçue selon laquelle toute dette doit être payée. Le livre, qui s’est imposé comme une référence dès sa sortie en 2011, montre au contraire que les dettes sont des constructions sociales inscrites dans des rapports de domination, qui ne doivent leur existence qu’à des rapports humains pervertis par la violence.

 

« Une dette est illégitime quand elle ne bénéficie pas à la population »

Toute dette est-elle légitime ? Non, répond le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes – autrefois dénommé Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) –, qui refuse de considérer l’audit de la dette souveraine comme un débat d’experts mais bien comme une question éminemment politique et donc populaire. Eva Betavatzi, architecte d’origine grecque, a rejoint le CADTM après l’échec du bras de fer de Tsípras avec la « troïka » en 2015. Prenant pour exemple les cas de l’Équateur et de la Grèce, elle répond à Socialter.

 

Pays pauvres : alléger ne suffit plus

Dans les années 1990 et 2000, les créanciers internationaux ont peu à peu consenti à réduire, puis annuler, un pan de la dette extérieure de dizaines de pays en développement. Une bulle d’oxygène qui, faute d’un travail de fond, n’a pas su les mettre à l’abri de nouvelles crises.

 

Au royaume de France : une dette qui fait défaut

Dette et souveraineté sont inversement proportionnelles, l’accroissement de la première entraînant une diminution de la seconde. C’est du moins l’histoire qu’on se raconte – peut-être à tort s’il l’on se penche sur le royaume de France. Des temps médiévaux à la Révolution, l’histoire politique de la France se confond avec sa destinée financière, faisant de la dette publique le véritable fil d’Ariane de la construction de l’État et de sa politique volontariste.

Quelle dette dans un monde en décroissance ?

Face aux montagnes de dettes privées et publiques à rembourser, le retour rapide à la croissance est souvent désigné comme l’unique planche de salut… Mais si elle ne revenait jamais ? Que faire d’une dette construite sur une promesse de prospérité révolue, dans un monde où la richesse quantifiée par le PIB diminue en raison d’une réorientation écologique ou d’un épuisement des énergies fossiles ? Trois économistes répondent.

 

A lire également dans ce numéro : 


L'ENTRETIEN FLEUVE

 

Vers un Green New Deal ?

 

Députée européenne depuis mai 2019, Aurore Lalucq défend l’idée d’un « Green New Deal », un vaste plan d’investissement pour amorcer une transition écologique et sociale. Revendiquant une rupture avec les fausses promesses d’un « capitalisme vert », cette économiste de formation trace les contours de son monde d’après... sans PIB et avec des semaines à quatre jours.



AVANT-GARDE

 

Pistes cyclables : la grande offensive

À l’instar de nombreuses communes de France, Lille s’est emparée des outils de l’urbanisme tactique pour proposer plus d’espace aux cyclistes dans la ville de l’après-confinement. De mi-mai à août, ce sont au total plus de 30 kilomètres de bandes cyclables temporaires qui ont vu le jour dans la capitale des Flandres et sa métropole. Ces aménagements temporaires vont-ils se pérenniser ? Faut-il y voir l’émergence d’un urbanisme plus agile ? Le vélo peut-il s’imposer face à l’hégémonie de la voiture dans l’espace urbain ?


Urgentistes au chevet de l'environnement

Des poissons morts, des déchets dans un ruisseau, une odeur nauséabonde… Derrière ces symptômes se cache souvent une pollution pas toujours identifiée. Pour la détecter, le Service d’analyse mobile d’urgence (SAMU) de l’environnement parcourt les routes et les rivières de Bourgogne-Franche-Comté et d’Alsace, équipé de matériel scientifique.

Tirage au sort : mission accomplie ?

En octobre 2019 démarrait en France une expérience inédite de démocratie : 150 citoyens tirés au sort commençaient à travailler afin de « définir les mesures structurantes pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990 ». Neuf mois plus tard, si sa concrétisation reste incertaine, l’exercice démocratique a gagné une grande légitimité dans les milieux académiques, associatifs et dans la population.

 

MACROSCOPE

 

Banque éthique : un désert à la française

Quelle banque choisir lorsqu’on veut éviter que son argent ne finance des industries délétères pour l’humain et l’environnement ? Une question que se posent de plus en plus de citoyens. Mais en France, la banque éthique est à la peine : les deux acteurs historiques – la Nef et le Crédit Coopératif – sont en instance de divorce et peinent de toute manière à dépasser le cercle des militants convaincus. Un désert dont comptent bien tirer parti une poignée de « néobanques ».

Face aux aliénations urbaines, affirmer le droit à la ville ?

Tourisme de masse, uniformisation, urbanisme chronophage, expulsions, ségrégation sociale… Les métropoles concentrent nombre d’injustices et d’aliénations. Rien d’étonnant dès lors à ce que les principaux mouvements de révolte depuis le début des années 2000 aient eu pour théâtre et pour objet la ville. Ces rébellions préfigureraient-elles l’affirmation d’un authentique « droit à la ville » ?

« La pénurie alimentaire est un impensé, il n'y a pas de plan B »

Au pays de la gastronomie où règnent tant l’abondance que le gaspillage, la pénurie alimentaire et son pendant, le rationnement, semblaient jusqu’ici impensables. La crise du Covid-19 est pourtant venue briser ce tabou. Depuis vingt ans, Stéphane Linou, géographe de formation, ancien conseiller général de l’Aude et ancien conseiller municipal de Castelnaudary, pionnier du mouvement locavore en France, martèle que la résilience alimentaire est une priorité et un enjeu de sécurité nationale.


L'ART ET LA MATIERE



Verrière solitaire

Première femme diplômée de l’école Dorian, l’artisane verrière Camille Tauzia, 57 ans, enseigne depuis trois décennies l’art du filage et du soufflage de verre au chalumeau à Paris Ateliers. Rencontre solaire et mystique au milieu des perles et des tubes.



La ville dense, coupable trop idéal

Elle aurait « accentué la mortalité » et « trahi ses habitants ». La ville dense, déjà ternie par un sombre imaginaire, a vu sa cote baisser un peu plus avec la pandémie de Covid-19. Elle est pourtant l’une des clés d’un futur urbain plus durable… à condition de s’amender.

Mise en abysses

Tentacules luisants, corps épars sanguinolents, amphibiens chimériques : les sculptures d’Elsa Guillaume donnent chair à un univers aquatique fantasmagorique, violent et attirant. Rencontre avec une artiste portée vers les abysses.

 

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