Le World Impact Summit, un festival pour trouver des solutions à la crise climatique

Le World Impact Summit, un festival pour trouver des solutions à la crise climatique

Socialter est partenaire du World Impact Summit 2019, un événement visant professionnels et grand public dédié "aux solutions pour la planète" qui aura lieu à Bordeaux du 23 au 26 mai prochain. Rencontre avec son fondateur Nicolas Pereira, CEO de la plateforme de financement participatif Solylend.

Comment est né le World Impact Summit et quelle est sa vision ? 

Le World Impact Summit est né à la fois d’une ambition et d’un constat. L’ambition c’était de pouvoir réunir le plus grand nombre d’acteurs qui se mobilisent pour cet enjeu à dimension mondiale qui se joue : sauver notre planète, et plus probablement sauver l’humanité. Le constat, ensuite, c’est que les acteurs de l’économie à impact positif sont en plein développement mais sont un peu isolés et trop souvent rassemblés entre « convaincus ». Malheureusement, si le sujet avance, je m’agace parfois de voir toujours les mêmes visages et d’avoir l’impression de prêcher des convaincus.

Finalement, dans nos secteurs de l’ESS ou de l’économie en faveur de l’environnement, nous agissons un peu trop en silo et les solutions que nous portons pour la planète et pour le lien social manquent de visibilité auprès du grand public et des professionnels. 
C’est le sens du World Impact Summit : faire tomber les murs entre les acteurs et promouvoir leurs projets à travers un “village des solutions” accessible aux professionnels et au grand public, un grand concours où les festivaliers pourront, avant les concerts, écouter les pitchs et choisir les gagnants et gagnantes, assister à des tables rondes, des conférences thématiques et des concerts ! 



Cassius, Mika, Tom Walker et Ofenbach donneront un concert à l'occasion de l'inauguration du World Impact Summit festival (Wisfest) le vendredi 24 mai


Il existe de nombreux événements comme Convergences et ChangeNow à Paris, le World Forum for Responsible Economy à Lille, ou encore le LH Forum au Havre, pourquoi avoir voulu lancer votre évènement dans la ville de Bordeaux ?

Ces différents événements montrent la vivacité des acteurs de l’économie positive. La Nouvelle-Aquitaine est un territoire qui rassemble plusieurs milliers de startups, d’entreprises et d’acteurs institutionnels qui participent à la prise de conscience collective de l’urgence climatique et proposent des solutions concrètes pour notre planète. Dans le Sud-Ouest, il manquait jusqu’à maintenant un évènement fédérateur et à échelle internationale. 

Le World Impact Summit répond à cette demande et la mobilisation de l’ensemble de nos partenaires souligne cette attente de l’écosystème et des territoires. Par ailleurs, Bordeaux est une ville qui sera au cœur de ces problématiques demain. Si les prévisions du GIEC se réalisent, c’est toute l’économie du vignoble qui est menacée… sans parler de la montée des eaux. Bordeaux est une ville très basse. 


On voit en ce moment la société bouillonner : marches pour le climat, grèves étudiantes, pétitions et actions en justice… comment la société civile pourrait-elle avoir plus de poids pour changer la donne ?

La société civile est en effet en pleine ébullition. J’en fais d’ailleurs partie en participant à toutes les marches pour le climat. Je crois que la prise de conscience n’a jamais été aussi forte. Lorsque j’ai la chance d’être invité pour parler à des étudiants lors de conférences, je constate aussi que les plus jeunes sont en train d’inventer une société plus écologique parce qu’ils veulent construire l’avenir dans lequel ils souhaitent vivre. Ceci dit, manifester est nécessaire pour enjoindre les pouvoirs publics à agir plus vite. Mais c’est pour cela qu’il est aussi important de passer à l’action concrètement que ce soit individuellement ou collectivement.

L’ambition du World Impact Summit est de dépasser l’écosystème pour s’adresser à un grand public qui n’a pas forcément connaissance des bonnes pratiques pouvant être mises en œuvre au quotidien. Le week-end du 25 et du 26 mai sera ainsi ouvert au grand public avec des ateliers pédagogiques, des expositions et des concerts organisés par Virgin radio et les collectifs bordelais qui rassembleront plus de 25.000 personnes. Si chacun des participants repart de notre évènement avec la certitude qu’il peut agir à son échelle dans son quotidien mais qu’il peut aussi le faire dans sa vie professionnelle comme de plus en plus de salariés ou entrepreneurs, alors nous aurons vraiment réussi. 

Quelle dynamique observez-vous au sein du monde de l’entreprise et de la finance pour accélérer la transition écologique ?

Il bouge ! Et tant mieux. Je constate dans l’organisation de notre sommet que tous les acteurs sont en train de prendre conscience qu’ils devront revoir leur modèle rapidement face aux enjeux du changement climatique. Et je ne parle pas seulement des petites entreprises ou petites structures mais bien des grands groupes qui sont nombreux à désormais traiter le sujet du développement durable non plus seulement par une question d’image mais également sur l’aspect commercial. C’est la clé de la réussite de cette transformation profonde de l’économie qui est nécessaire. Lorsque ces entreprises mettent au cœur du processus de vente le sujet de la qualité et de l’impact écologique, alors nous allons dans le bon sens, parce que ça touche au portefeuille et donc c’est central. 

Sur la finance particulièrement, secteur dans lequel évolue Solylend, je constate la même dynamique. Que l’on parle d’investisseurs fortunés ou d’épargnants modestes, de plus en plus de gens souhaitent savoir à quoi sert leur argent qu’ils placent à la banque. Chez Solylend, nous offrons un outil extrêmement efficace puisque chaque investisseur investi directement dans le projet de son choix. Mais cette transformation touche frontalement les banques qui seront obligées très rapidement de proposer des produits à impact écologique positif et de prouver à leurs clients que leur argent est bien utilisé. 

Vous venez de lever en début d’année 1,4 million d’euros avec Solylend, votre plateforme de financement participatif. Pourriez-vous la présenter en deux mots et nous dire quelles sont vos ambitions ?

Solylend est une plateforme de financement participatif par le prêt rémunéré. Chaque investisseur place son argent sur un projet et son placement lui est remboursé chaque mois ou trimestre avec un taux d’intérêt. La particularité, c’est que ce ne sont que des projets à impact écologique et social positif. Nous avons commencé il y a deux ans. Grâce à notre communauté de près de 2.000 prêteurs nous avons collecté plus d’un million d’euros. Les projets que nous proposons sont présélectionnés et analysés par notre équipe et un comité avant d’être proposés au grand public, c’est la clé de la confiance et de la réussite de chaque collecte. Malgré cela, nous ne garantissons pas les investissements et c’est ce qui justifie des taux de rémunération plus élevés que dans une banque: de 4 à 7%. 

La levée de fonds que nous venons de clôturer vise à changer d’échelle. Nous voulons faire plus de projets, et les proposer dans plusieurs pays. Notre souhait à terme est de proposer un outil d’épargne très efficace et sur lequel nous pourrons proposer de la garantie pour renforcer davantage encore l’attractivité de notre plateforme. A terme, peut-être que nous pourrions devenir une banque éthique? C’est aussi une réflexion que l’on a, mais pas pour tout de suite.





Âgé de 27 ans, Nicolas Pereira est un jeune entrepreneur bordelais. Il a suivi un cursus de Master en Management International, puis a travaillé au sein d’une société spécialisée dans les énergies renouvelables en Afrique. C’est par cette expérience, et le constat que les besoins sont immenses dans les pays émergents, qu’il a décidé de créer Solylend. Ainsi, il souhaite offrir à tout un chacun la possibilité d’être acteur du développement, en prêtant à des projets qui ont du sens. Sa vision et son expertise du développement commercial sont une force, dans l’objectif d’apporter une réponse globale et durable aux populations. Il a été sélectionné en novembre 2018 pour le Young European Talent et fonde en 2019 le World Impact Summit – Le sommet international des solutions pour la planète.


Illustrations: World Impact Summit


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