Braderie de l'Art : 150 artistes réunis pour un week-end de création éco-responsable

Braderie de l'Art : 150 artistes réunis pour un week-end de création éco-responsable

Le week-end du 1er et 2 décembre aura lieu la 28ème édition de la Braderie de l'Art (dont Socialter est partenaire) à la Condition Publique à Roubaix. Entre 150 et 200 artistes y seront réunis pour 24 heures de création live à partir de matériaux de récupération. Une démarche pour sensibiliser au recyclage artistique, renouer avec les savoir-faire artisanaux, et "dé-muséifier" l'art.

En 1991 l’artiste Fanny Bouyagui crée Art Point M, un collectif organisant des événements dans les espaces industriels abandonnés de Roubaix, ancienne capitale mondiale du textile. Celui-ci se revendique d’« une culture urbaine décalée, issue des courants majeurs underground des 90es et du mixage des cultures. » La même année la première Braderie de l’Art était organisée dans les anciens bains municipaux de Roubaix.

Le temps d’un week-end, entre 150 et 200 « designers, peintres, graffeurs, sculpteurs, graphistes, bricoleurs insatiables et inclassables » de différentes nationalités se réunissent dans un vaste hangar transformé en atelier collectif éphémère. À leur disposition : un gigantesque stock d’objets et de matériaux de récupération fournis par l’association Emmaüs ainsi que certaines entreprises locales engagées.


© Jacob Khrist


Rien ne se perd rien, rien ne se crée, tout se transforme

Les artistes sont alors invités à réinventer les usages de ces objets, « à revisiter les formes anciennes », en donnant une nouvelle vie aux quelque 2000m3 d’objets abandonnés, inutilisés. « Vieux meubles et objets, bois, plastique, métal, carton, matières et déchets en tous genres », tout y passe.

Tous les matériaux proviennent des associations et entreprises locales partenaires réunies sous le label RE-COLLECTE qui promeut l’économie circulaire et le circuit-court. L’événement a également été floqué en 2015 du label « COP21 » qui soutient les projets durables s’inscrivant dans une dynamique environnementale.




© Jacob Khrist

L’art à la portée de tous

Chaque année, la Braderie de l’Art rassemble plus de 20 000 visiteurs venus observer ce gigantesque spectacle de création in-situ. Son ambition est en effet de mettre « l’art à la portée de tous » à la fois en donnant l’opportunité aux curieux de voir le processus de création, mais aussi en « bradant » les prix des oeuvres, toutes vendues directement par les artistes entre 1 et 300 euros.

Au-delà de sa portée sociale et environnementale, la Braderie de l’Art nous invite à repenser notre lien à l’art et aux artistes. L’art sort de l’ombre du musée pour retrouver la chaleur d’un lieu où règnent l’échange et le partage.

De même, le processus de création est lui-même mis en avant, loin de l’intimité de l’atelier. Le do it yourself, les technologies issues des fablabs, et la création au travers de circuits courts, d’économie circulaire montrent combien l’art peut être accessible et s’inscrire dans une perspective durable, même avec peu de moyens. En bref, il s’agit de se défaire de l’opposition entre artistes et artisans, beaux-arts et productions artisanales, par cette invitation à mélanger les genres, à transformer la matière et à dévoiler toute la technicité du geste créateur.

Socialter aura le plaisir de tenir un stand pour cette nouvelle édition, accompagné d'exemplaires fraîchement imprimés de notre hors-série. Venez nous y rejoindre ! 


Abonnez vous !
Où trouver SOCIALTER en kiosque ?

TOP 5 stories

  • [Tribune] Philippe Bihouix : Start-up nation ? Non, low-tech nation !

    [Tribune] Philippe Bihouix : Start-up nation ? Non, low-tech nation !

    Low-tech : avouons que le terme n’est pas, de prime abord, (...)
    >
  • La Fresque du Climat : des cartes pour comprendre le dérèglement climatique

    La Fresque du Climat : des cartes pour comprendre le dérèglement climatique

    Savez vous ce qu’est le permafrost ou le forçage (...)
    >
  • Fashion Green Days : la mode éthique et écolo s'est réunie à Roubaix

    Fashion Green Days : la mode éthique et écolo s'est réunie à Roubaix

    Chaque année, le secteur du textile émet 1,2 (...)
    >
  • Le World Impact Summit, un festival pour trouver des solutions à la crise climatique

    Le World Impact Summit, un festival pour trouver des solutions à la crise climatique

    Comment est né le World Impact Summit et quelle est sa vision (...)
    >
  • Burn out, bore out, brown out : faut-il médicaliser les craquages professionnels ?

    Burn out, bore out, brown out : faut-il médicaliser les craquages professionnels ?

    La souffrance au travail, nouveau « mal du (...)
    >

TOP 5 contribution

  • [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    Nous pensions entrer dans une ère heureuse de (...)
    >
  • "Nous voulons des coquelicots": une pétition contre les pesticides

    NOUS VOULONS DES COQUELICOTS Appel des 100 pour l’interdiction (...)
    >
  • La France bientôt championne de la vente en vrac ?

    La France bientôt championne de la vente en vrac ?

    La France est aujourd’hui le pays le plus (...)
    >
  • Et si comme la Pop culture, l'économie sociale et solidaire devenait mainstream?

    Et si comme la Pop culture, l'économie sociale et solidaire devenait mainstream?

    Un peu de fraîcheur en guise de "starter" : qu'est-ce que la (...)
    >
  • Bastien et Hugues Sibille :

    Bastien et Hugues Sibille : "Vive l'entreprise ESS libérée !"

    Ne faisons pas que la remise du rapport « L’ (...)
    >