Au rythme où nous allons, le monde sera bientôt en pénurie de sable

Au rythme où nous allons, le monde sera bientôt en pénurie de sable

Le développement de l'activité économique repose en partie sur l'utilisation d'une ressource méconnue : le sable. Depuis 30 ans, la demande a augmenté de 360%, ce qui n'est pas sans poser souci. Pour éviter le saccage de nos côtes littorales, il faudrait réapprendre des techniques ancestrales, ou fabriquer davantage de ciment à partir de verre recyclé.

Le sable se glisse partout, dans des endroits dont on ne soupçonne même pas l’existence: puces électroniques, dentifrice, verre etc… 40 milliards de tonnes sont extraites chaque année, c’est neuf fois plus que le pétrole. Seul problème, il ne s’agit bien sûr pas d’une ressource infinie, nous en consommons plus que la terre n’est capable d’en produire.

Depuis 30 ans, la demande en sable a augmenté de 360%, cette tendance se confirme avec l’augmentation de la population mondiale et le développement de zone urbaines. Le secteur de la construction engloutit à lui seul les réserves mondiales.

Il faut 200 tonnes pour construire une maison. De même, le béton est composé aux deux tiers de sable. Peu cher et résistant, cet assemblage de matériaux s’est imposé progressivement comme seule norme de construction aux dépens des autres techniques.

Incroyable ironie, seul le sable marin est adapté à la fabrication du ciment (employé dans la confection du béton armé). Ses qualités intrinsèques font qu’il s’agglomère plus que le sable du désert, le rendant beaucoup plus résistant.

Moins de 5% du sable présent sur terre peut ainsi être utilisé pour produire du béton. Des villes qui s’étalent aux portes du désert, comme Dubaï par exemple, se retrouvent obligées soit d’extraire au large du littoral, soit d’importer. 

 



La ruée vers le sable : l'or des temps mordernes 



Tandis que les réserves mondiales s’épuisent, le cours du sable explose : depuis 5 ans, il a augmenté de plus de 3000%. La raréfaction de la ressource, couplé aux besoins grandissant des industries, intéresse de plus en plus d’acteurs économiques.

 



La Chine a consommé autant de ciment ces deux dernières années que les Etats-Unis en ont consommé en un siècle. Elle extrait du lac Poyang l’équivalent de 980 000 tonnes de sable par jour, c’est plus que le total des trois plus grosses mines à sable des Etats-Unis.


Disparition et érosion des plages


L’industrie du sable nourrit les populations du littoral qui ne se doutent pas des dégâts qu’occasionnent cette extraction. Bien souvent, ce sont leur seule source de revenu. Conséquence : les plages reculent partout dans le monde à cause du dragage. Au Maroc, en Californie ou encore en Indonésie, où 25 îles ont déjà disparu. Partout, la mer avance sur les côtes et détruit les habitations en bord de mer.

L’extraction du sable détruit par ailleurs l’habitat naturel de nombreuses espèces sous-marines, dont certaines jouent un rôle crucial dans la chaîne alimentaire, menaçant ainsi la biodiversité.

Là où le sable est extrait, la mer le remplace, créant des courants imprévisibles pouvant fragiliser les fondations des infrastructures. A Taiwan, en Inde et au Portugal, des ponts se sont ainsi écroulés du fait de l’industrie d’extraction.


Sensibiliser le public


Mais face à ce constat de pénuries et de multiples externalités négatives, peut-on seulement espérer se passer de sable ? De nombreuses alternatives dans la construction existent. Mais elles sont délaissées car coûteuses et pas assez valorisées. De nombreux acteurs se battent cependant pour faire bouger les lignes.

Le changement passe d’abord par la sensibilisation. L’association “Le peuple des Dunes” lutte pour interdire définitivement l’extraction de sable dans la Baie de Lannion dans le nord de la France. L’action du collectif fait du bruit et alerte les décideurs sur un phénomène mondial.

 


Des maisons en terre ?


Bien avant l’invention du ciment, les hommes construisaient déjà afin de s’abriter. Des constructions à faible impact écologique réalisées à base de terre crue (argile). Le pisé, la bauge ou encore le torchis sont des techniques ancestrales qu’il est possible de remettre au goût du jour.

 








Un quartier entièrement construit en terre crue est d’ailleurs prévu pour 2020 à Ivry, une première mondiale qui, en cas de réussite, ouvrira certainement la voie à d’autres initiatives de ce genre. Sur la même lancée, les éco-constructions se multiplient partout en France avec pour maître mot le respect de la nature.

Et c’est toute l’économie que l’on peut repenser pour réduire l’impact de l’extraction. Le verre par exemple est fabriqué à partir de sable, en le broyant il peut être recyclé afin de l’utiliser dans la fabrication de béton. Il est 14% moins cher que le sable et permet de réduire les émissions de CO2 de 18%.


Infographie complète à découvrir sur le site de Trade Machines

 

 

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