Strasbourg innove en collectant les biodéchets des habitants à vélo

Strasbourg innove en collectant les biodéchets des habitants à vélo

Strasbourg expérimentera dès la fin de la semaine un mode de collecte de biodéchets à destination d'une centaine de ménages : le « bioclou ». Un vélo équipé d'une remorque sillonnera le centre historique de cette ville déjà labellisée « Territoire Zéro Déchet, Zéro Gaspi » par le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Quand le biclou (le vélo) se met au service du bio, ça donne le « bioclou ». Ce mode de collecte de biodéchets mis en avant par l’Eurométropole de Strasbourg entend encourager le compostage auprès de ses habitants. Tout au long de l’année que durera l’expérimentation, une centaine de foyers strasbourgeois localisés dans le centre historique pourront venir déposer leurs déchets alimentaires dans des bacs transportés par un vélo à remorque.
 

Un projet écolo et social


« Nous souhaitons favoriser les mobilités avec des systèmes non polluants », détaille Françoise Bey, adjointe au Maire de Strasbourg, en charge notamment de la collecte, la gestion et la valorisation des déchets. Les ordures ménagères sont ensuite récupérées, rassemblées et transportées (en camion cette fois-ci, distance oblige) dans des sites de traitement de la région Alsace. Le projet est d’autant plus nécessaire que Strasbourg est relativement éloignée des plateformes de compostage.

À cette démarche environnementale s’ajoute un volet social, puisque le projet amène deux sociétés locales à collaborer : la Régie des écrivains, une entreprise d’insertion et d’économie sociale et solidaire, et Recybio (filiale du groupe alsacien de recyclage et de gestion durable des déchets Schroll), chargé du transport des déchets du point de regroupement vers le site de traitement. « On allie des partenaires du territoire qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble », souligne Françoise Bey. La collecte sera ainsi réalisée par des salariés en insertion.

Une première en France


L’initiative a suscité l’enthousiasme de nombreux Strasbourgeois venus poser des questions aux points de rencontre en amont de la phase de test lancée à la fin de cette semaine. « Beaucoup d’habitants sont déjà habitués et sensibilisés à ces pratiques », précise l’adjointe au Maire en évoquant le Festival Zero Waste qui s’est tenu dans la métropole alsacienne les 26 et 27 mai. Un intérêt d’autant plus opportun que cette expérimentation se base sur le volontariat des citoyens situés proche de la place Saint-Étienne, dans le centre historique. Ces derniers ont reçu un courrier les invitant à participer à l’expérience, avant d’être équipés de bio-seaux (des contenants à poser dans sa cuisine) et de sacs en papier kraft. Ils pourront venir déposer leurs biodéchets au bioclou le mercredi entre 17h30 et 19h30 et le vendredi entre 7h30 et 9h30.

Le projet étant assez coûteux, il ne concerne pour l’heure qu’une petite partie du centre-ville, « mais l’idée est de reproduire l’expérience dans d’autres zones » si elle s’avère réussie, précise Françoise Bey. Se limiter à une centaine de foyers permettra de réaliser un suivi précis de la quantité de biodéchets ainsi collectés. Selon les estimations, six tonnes d’ordures ménagères devraient être recyclées en un an.

« Il existe déjà des collectes de biodéchets dans d’autres villes en France, principalement dans le domaine de la restauration », rappelle-t-elle. Parmi les initiatives pionnières, on trouve notamment la Tricyclerie à Nantes, Cocycler à Angers, ou encore les Alchimistes à Paris, qui récupèrent et traitent les déchets organiques pour approvisionner les agriculteurs urbains au sein de circuits très courts. Avec le bioclou, il est impossible de traiter les ordures dans la ville même, mais il reste « une première en France pour les déchets des ménages ! »

Abonnez vous !
Où trouver SOCIALTER en kiosque ?

TOP 5 stories

  • Un nouveau bastion de la culture et du développement durable au Fort d'Aubervilliers

    Un nouveau bastion de la culture et du développement durable au Fort d'Aubervilliers

    On ne tombe pas sur Fort Recup par hasard. Pour y parvenir, il (...)
    >
  • La Cité Fertile à Pantin, une nouvelle friche écolo et culturelle aux portes de Paris

    La Cité Fertile à Pantin, une nouvelle friche écolo et culturelle aux portes de Paris

    Terrain de pétanque, cabane à méditer, (...)
    >
  • Rana Plaza, Dieselgate : les scandales sont-ils vraiment nuisibles aux multinationales ?

    Rana Plaza, Dieselgate : les scandales sont-ils vraiment nuisibles aux multinationales ?

    Cet article a été initialement publié (...)
    >
  • La plus grande ferme aquaponique urbaine de France a ouvert à Aubervilliers

    La plus grande ferme aquaponique urbaine de France a ouvert à Aubervilliers

    Des fruits, des légumes, des fleurs et des aromates (...)
    >
  • Qu'aurait pensé Platon de Kylian Mbappé ?

    Qu'aurait pensé Platon de Kylian Mbappé ?

    Nul ne l’ignore, l’Équipe de France a (...)
    >

TOP 5 contribution

  • [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    Nous pensions entrer dans une ère heureuse de (...)
    >
  • "Pourquoi j'ai choisi de vivre zéro déchet." Episode 1/5. Aline, 22 ans, adepte de micro-écologie.

    Dans nos sociétés hygiénistes, les (...)
    >
  • Au programme de l'école du XXIe siècle: cours de créativité, d'empathie et de connaissance de soi.

    Au programme de l'école du XXIe siècle: cours de créativité, d'empathie et de connaissance de soi.

    Créativité, connaissance de soi, (...)
    >
  • Crème de la Crème : quand les échanges entre générations relancent l'innovation

    Crème de la Crème : quand les échanges entre générations relancent l'innovation

    [Contenu sponsorisé]La majorité des moments forts et (...)
    >
  • Créons les Apple équitables, Uber coopératifs et autres Amazon solidaires de demain !

    Créons les Apple équitables, Uber coopératifs et autres Amazon solidaires de demain !

    Ces réponses nouvelles sont souvent le fruit d’une (...)
    >