Distribution d'huile d'olive en vrac : c'est enfin possible en France

Distribution d'huile d'olive en vrac : c'est enfin possible en France

Grâce à l'action de l'association Réseau Vrac, les commerces ont désormais le droit de vendre de l'huile d'olive en "quantité à la demande", sous réserve du respect des dispositions précisées par les autorités françaises.

Première association interprofessionnelle au monde dédiée à la vente en vrac, Réseau Vrac s'évertue à développer et accompagner les commerces de vrac afin de réduire le gaspillage alimentaire et les déchets d'emballage. 
Tandis qu’elle fêtait le 10 mars dernier ses deux ans d’existence, l’association célébrait à cette occasion une autre victoire : celle d’avoir rendu possible la vente d’huile d’olive en quantité à la demande par les commerces de vente en vrac.

Jusqu’à présent, le Règlement européen imposait que l’huile d’olive soit présentée au consommateur final "préemballée dans des emballages d’une capacité maximale de cinq litres", et que ces emballages soient munis d’un "système d’ouverture qui perd son intégrité après sa première utilisation", c’est à dire que le contenant soit scellé par un bouchon à opercule ou une étiquette qui se déchire à la première utilisation. Ces deux obligations interdisaient de fait sa vente en vrac puisqu’elles s’opposent à la définition et au principe du vrac : produit non préemballé, permettant au consommateur de choisir librement sa quantité.

"Pour les commerces de vrac, ne pas pouvoir proposer un produit aussi courant que l'huile d'olive, deuxième huile la plus consommée en France, était un frein évident à la progression du vrac", explique Célia Rennesson, directrice générale de l’association Réseau Vrac qui compte aujourd'hui 450 adhérents.
Ce mode de consommation est pourtant de plus en plus plébiscité par les français ; depuis quelques années toutes les enseignes développent un rayon vrac et le nombre d’épiceries vrac en France est passé de 18 en 2015 à 150 fin 2017.

Demande d’agrément et fermeture inviolable

 

En pratique, les commerçants vrac pouvaient faire une demande d’agrément auprès de FranceAgriMer et obtenir un numéro de conditionneur final d’huile d’olive. Une pratique qui permettait au commerçant de pouvoir assurer le service de l’huile d’olive en quantité à la demande, mais ne répondait qu’en partie aux obligations du Règlement puisqu’il n’y avait pas de solution technique pour garantir un "système d’ouverture qui perd son intégrité après sa première utilisation" conforme à la réglementation.

A l’issue de plusieurs mois d’échanges et de négociation avec la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), Réseau Vrac a obtenu gain de cause. L’administration française a reconnu comme conforme la pratique d’agrément de FranceAgriMer et retenu la proposition de Réseau Vrac de coller une étiquette sur le bouchon du contenant qui sera ensuite déchirée par le consommateur à l’ouverture du bouchon pour constituer un système de fermeture inviolable.

Depuis début mars, le commerçant qui a obtenu le numéro de conditionneur de FranceAgrimer peut donc vendre de l’huile d’olive dans les contenants propres apportés par ses clients, dans la quantité désirée par ces derniers (dans la limite de 5 litres) : il devra servir le consommateur sous ses yeux, coller une étiquette reliant le bouchon à la bouteille et apposer son numéro d’agrément conditionneur sur l’étiquette du produit.

Lever les freins



Si on ne peut pas parler de "vrac libre-service", puisque le consommateur ne se sert pas lui-même et doit se limiter à une quantité de 5 litres, on peut évoquer le "préemballé sur mesure".
"Puisque l’on peut servir la quantité désirée par le client et dans le contenant réutilisable du client, pour peu qu’il soit propre et adapté, alors cela répond aux promesses du vrac", souligne Célia Rennesson.

La mise en place reste encore très contraignante pour le commerçant et le consommateur, mais cette position de l’administration française constitue une avancée importante pour la filière et un premier combat gagné pour l’interprofession.

L'interdiction d'être commercialisé en vrac concerne aujourd'hui de nombreux autres produits, notamment les produits sous siqo (sous signes d'identification de la qualité et de l'origine) comme le riz de Camargue, les lentilles vertes du Puy ou encore le piment d'espelette. Le plus souvent, le cahier des charges prévoit que ces produits soient conditionnés sur leur lieu de production ou de fabrication. 

"Une des missions de Réseau Vrac consiste à lever les freins économiques, techniques et réglementaires auxquels se heurtent les commerçant de vrac", précise la fondatrice de l'association. Des négociations régulièrement menées avec les organismes de gestion de cahiers des charges permettent de développer le vrac, avec l'ambition de le faire rayonner comme mode de distribution plus économique et écologique.

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