Walk : un petit pas pour la technologie, un grand pas pour les personnes âgées

Walk : un petit pas pour la technologie, un grand pas pour les personnes âgées

La start-up Resilient Innovation a conçu Walk, un dispositif d'aide à la marche pour les personnes âgées. L'objectif : rendre plus autonome cette partie de la population victime chaque année de 450.000 chutes.

Chaque année selon l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), plus de 450.000 personnes âgées de plus de 65 ans sont victimes de chutes. Ces accident provoquent le décès de 9.300 d’entre eux. “Le plus souvent les chutes ont lieu lorsque la personne âgée fait un mouvement qui décale son centre de gravité sans qu'elle parvienne à le rééquilibrer car elle a perdu à la fois des capacités musculaires et son équilibre”, souligne l’agence.

Ancien étudiant en informatique, Jordan Miron décide de mettre ses compétences au service des personnes ayant des difficultés à marcher. “Suite à un accident de voiture, un ami s’est retrouvé immobilisé pendant quelques mois. J’ai été surpris qu’il n’existe pas de solution technologique qui puisse l’aider à se mouvoir”, témoigne-t-il. L’entrepreneur décide de fonder Resilient Innovation, une start-up montpelliéraine qui vise à redonner de l’autonomie “aux personnes âgées mais aussi les malades de Parkinson, les victimes d’accident vasculaires cérébraux ou de traumatismes crâniens”. 

Analyse des mouvements


Jordan Miron conçoit alors Walk, un boitier utilisant la “méthode d’assignation rythmique auditive”. Relié à un appareil auditif, il envoie des ondes sonores en rythme à l’utilisateur, qui ajustera sa vitesse de marche en fonction de la cadence émise. “Quand nous écoutons de la musique nous avons tendance à battre le rythme, ce sont des choses naturelles pour le cerveau”, explique-t-il, “il n’y a aucun effort à faire pour utiliser l’appareil. Pour fonctionner, le dispositif analyse automatiquement les mouvements de la personne en temps réel, et va décider s’il elle a besoin d’être stimulée ou non”.

Deux réglages sont disponibles: le volume et la vitesse du rythme. Jordan Miron reprend l’exemple de la musique pour expliquer que “c’est plus confortable de courir avec une chanson qui suit notre pas. En revanche si le rythme est plus lent nous n’allons pas être à l’aise”. Près de 150 personnes bénéficient pour le moment de ce dispositif, “dont 70% à 80% sont des malades de Parkinson”, assure-t-il.
 

Suivi des bénéficiaires


Après une semaine d’essai gratuit, les utilisateurs devront débourser la somme de 1.790 euros pour adopter définitivement le dispositif. En plus du matériel, la start-up propose un accompagnement personnalisé: “nous allons suivre les bénéficiaires mais aussi les motiver à pratiquer une activité physique”, précise Jordan Miron. Seul bémol: Walk n’est pour l’instant pas pris en charge par la Sécurité sociale. Cependant, les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) proposent des aides financières. “Le pourcentage varie en fonction des départements”, précise le fondateur.

Pour “boucler la boucle” et dans une ambition d’intégration sociale, Walk est conçu par des personnes en situation de handicap. “Toutes les cinq ventes, nous faisons don d’un appareil à une association comme France Parkinson, qui va ensuite l’offrir à un de ses membres, afin de rendre service à des personnes qui en ont besoin”, conclut-il.

Abonnez vous !
Où trouver SOCIALTER en kiosque ?

TOP 5 stories

  • Le tourisme de masse peut-il être « Zéro déchet » ?

    Le tourisme de masse peut-il être « Zéro déchet » ?

    Chaque année, les vacanciers sont plus nombreux sur les (...)
    >
  • Yánis Varoufákis : «Si je deviens un bon politicien, flinguez-moi»

    Yánis Varoufákis : «Si je deviens un bon politicien, flinguez-moi»

    Cet entretien, présenté ici dans sa version longue, (...)
    >
  • À l'Arche, on vient faire de l'artisanat après le boulot

    À l'Arche, on vient faire de l'artisanat après le boulot

    Ce soir, c’est atelier béton. Les participantes (...)
    >
  • Mobile home office : cadre sup' le jour, campeur la nuit

    Mobile home office : cadre sup' le jour, campeur la nuit

    Ils sont managers, chercheurs ou consultants. Ils ont un « vrai (...)
    >
  • Les plateformes, amies ou ennemies du freelance ?

    Les plateformes, amies ou ennemies du freelance ?

    Cet entretien a été initialement publié dans le (...)
    >

TOP 5 contribution

  • [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    Nous pensions entrer dans une ère heureuse de (...)
    >
  • "Pourquoi j'ai choisi de vivre zéro déchet." Episode 1/5. Aline, 22 ans, adepte de micro-écologie.

    Dans nos sociétés hygiénistes, les (...)
    >
  • "Faire du profit pour faire du profit ne nous séduit plus!" Le cri de 500 étudiants.

    Parmi notre génération d’étudiants, (...)
    >
  • Au programme de l'école du XXIe siècle: cours de créativité, d'empathie et de connaissance de soi.

    Au programme de l'école du XXIe siècle: cours de créativité, d'empathie et de connaissance de soi.

    Créativité, connaissance de soi, (...)
    >
  • Crème de la Crème : quand les échanges entre générations relancent l'innovation

    Crème de la Crème : quand les échanges entre générations relancent l'innovation

    [Contenu sponsorisé]La majorité des moments forts et (...)
    >