Le bénévolat de compétences, une bouffée d'oxygène pour les associations

Le bénévolat de compétences, une bouffée d'oxygène pour les associations

L'association Passerelles et Compétences a publié la première étude consacrée au bénévolat de compétences, une forme d'engagement qui s'avérerait particulièrement bénéfique pour les structures associatives.

Le bénévolat de compétences permet à des personnes de partager un savoir-faire au bénéfice d’une association sur son temps-libre. Passerelles et Compétences, association née en 2002 et visant à développer le bénévolat de compétences, a publié la première étude consacrée au sujet. Réalisée en partenariat avec la Fondation Bettencourt Schueller - engagée dans les sciences de la vie, la culture et la solidarité - et le groupe d’assurances Malakoff Médéric, 666 bénévoles et 636 associations ont répondu à un questionnaire distribué deux fois (un premier à la fin d’une mission puis un second entre 12 et 24 mois plus tard), afin d’étudier les évolutions sur le long terme.

Elle révèle d’abord la méconnaissance de ce type de bénévolat chez les Français. Moins d’un sondé sur deux (42%) en a déjà entendu parler et 81% ne sont pas en mesure de le définir.

Pourtant, l’apport de ce type de bénévolat est largement bénéfique: 91% des personnes interrogées ont constaté une évolution positive de leur association. Lors d’une table-ronde organisée par Passerelles et Compétences, les acteurs du milieu associatif ont pu partager leur expérience. Alexandra Box, secrétaire générale de YMCA - réseau international d’associations dédié à la jeunesse - témoigne de l’impact bénéfique qu’a eu cette forme de bénévolat sur son organisation: “Cela nous a permis de bénéficier de compétences techniques pour structurer notre association”, assure-t-elle. Vincent Godebout, délégué général de SNC (Solidarité Nouvelle face au Chômage) appuie ses propos: “Nous n’avons pas les moyens de payer des cabinets de conseil. Un bénévole qui met à disposition ses acquis nous permet par exemple de réaliser un cahier des charges pour ensuite faire appel à un professionnel.
 

Une économie de 4.500 euros


Le coût des missions reste une problématique centrale pour les associations. Selon l’étude, les associations qui ont recours au bénévolat de compétences économisent en moyenne 4.500 euros pour chaque bénévole travaillant 36 heures dans une structure. Cela permet aussi une meilleure gestion des équipes: 39% des membres des associations interrogées ont avoué qu’ils auraient penser faire appel à un bénévole de leur réseau plutôt que de faire confiance à un bénévole de compétence. Au final, dans 78% des cas, les missions ont eu un impact positif sur le moyen et le long terme.

Mais le bénévolat de compétences a aussi des effets sur les territoires. Richard Bouigue, premier adjoint à la Mairie du 12ème arrondissement de Paris qui a mis des locaux vacants à disposition des associations, assure que le bénévolat de compétences a permis de “créer des activités”, des “liens avec la population”, et plus généralement de “fonder un écosystème associatif avec des créateurs de projets”.
 

“Un enrichissement personnel et professionnel”

 

Manifestement bénéfique, ce type de bénévolat n’en a pas moins de nombreux défis à relever. Le problème principal ne vient pas des associations, mais des bénévoles. Huit sur dix (80%) hésitent à s’engager à cause du “manque de disponibilité” et 62% partagent une “crainte de ne pas pouvoir honorer leurs engagements”. Alexandra Box souligne aussi l’importance de “bien identifier les besoins des associations”.

Les bénévoles ayant mis à profit leur savoir-faire tirent aussi du positif de leur expérience. 93% d’entre-eux sont prêts à s’engager dans une nouvelle mission, 27% ont même développé de nouvelles compétences professionnelles lors de leurs missions. Thierry Metayer a été bénévole pour Emmaüs afin de développer la boutique en ligne de l’association: Label Emmaüs. “C’est un mode de fonctionnement très différent par rapport à une entreprise. Discuter avec d’autres milieux sociaux, même au niveau du savoir-faire m’a permis d’apprendre de nouvelles choses. On en sort un enrichissement personnel et professionnel”.

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